Partenariat Scolarisation Majunga

    Assemblée générale 2023

Association 1901, déclarée à la sous-préfecture de Brest (publication au Journal Officiel du 6 mai 2006 sous le n° 445) N° Association : W291005882
 
Siège social : Mairie de Pencran, place de la mairie, 29800 PENCRAN

 
Samedi 18 novembre 2023

Présents : Hasina Randriamihasa, Nandrasana Randrianasolo, Herizo Julias, Anita Razafindrasoa, Myriam Hanitriniaina, Jean Paul Pinvidic, Marson Hossen, Patricia Rasoanamandray, Guy Pinault, Tikiniaina Mamy Chrysanthe, Dominique Bellec.
Excusés : Lucien Vigouroux, Guylaine Séné, Noelle Rakotomanga, Aïcha Tabet.
7 autres personnes sont venues à la mairie de Pencran et n’ont pas réussi à communiquer avec Majunga.
 
Hommage à Régine Pinvidic
Régine a présidé notre association pendant 4 ans. Elle est décédée le 26 septembre dernier des suites d’un cancer.
 
Rapport d’activités – année scolaire 2022-2023.
 
Données
 
105 enfants scolarisés,
            34 d’Aranta, 29 d’Abattoir, 12 de Belinta, 30 d’Andohagara
57 filles et 48 garçons, de 6 à 24 ans.
2 enfants lourdement handicapés, non scolarisés.
 
52 familles dont 36 monoparentales, ayant 6 enfants en moyenne,
Activité des familles : 19 vendeuses informelles, 6 blanchisseuses, 5 prostituées, 4 femmes de ménage, 4 cultivatrices, 3 pêcheurs, 3 gardiens, 3 mendiants, 2 casseuses de pierres, 2 masseuses, 1 loueuse de parasols.
 
Toutes les maisons ont une seule pièce sans eau courante, ni électricité.
 
Ressources mensuelles des familles : de 40 000 ariary (8,30 €) à 150 000 ariary (31,25 €). Moyenne des revenus : 95 000 ariary (19,80 €).
 
Scolarité des enfants : 56 en primaire, 35 en collège, 10 au lycée, 2 à l’université, 2 en formation professionnelle.
Scolarisés dans 14 écoles différentes : 9 écoles privées, 5 écoles publiques.
 
60 enfants admis en classe supérieure,
10 abandons dont 3 adolescentes enceintes,
33 redoublants,
2 fins de prise en charge.
 
21 enfants ont reçu un soutien scolaire par l’association,
L’association a organisé 112 séances d’animations,
37 enfants ont bénéficié de soins de santé payés par l’association,
Chaque famille a reçu, en moyenne, 63 visites à domicile en un an.
8 familles ont reçu une aide pour un projet économique durant l’année (20 familles au total).
 
Résultats aux examens de fin d’année : 8 reçus sur 15 présentés au CEPE, 2 reçus sur 5 au BEPC, 2 reçus sur 4 au Bac.
 
Commentaires sur l’activité
 
10 abandons, c’est beaucoup. Il s’agit soit d’adolescentes « tombées » enceintes, soit de jeunes sous pression de la famille d’aller travailler, soit de jeunes ayant un très important retard scolaire.
 
33 redoublants, c’est beaucoup. L’environnement familial (parents le plus souvent illettrés) ne favorise pas les études, les écoles manquent totalement de suivi individualisé, l’association n’a pas su non plus accompagner suffisamment certains enfants.
 
Les écoles sont contentes de travailler avec l’association : elles sont assurées de voir l’argent des écolages rentrer, sans aucun besoin de relance. Cependant, nous constatons des dérives. Les bénéficiaires sont souvent considérés comme des « enfants de vazahas » qui sont protégés (voire qu’on fait passer en classe supérieure malgré de très mauvais résultats). Parfois, c’est le contraire : les bénéficiaires peuvent être stigmatisés comme très pauvres (« Vous êtes des moins que rien »). Lorsqu’il se pose un problème, les écoles s’adressent à l’association, oubliant les parents.
 
Les parents donnent parfois à l’association la responsabilité (une forme de tutelle de fait) de leurs enfants. « Vous payez l’écolage, ce sont vos enfants, c’est à vous de décider ».
          Des contrats ont été établis. Un contrat avec les écoles (leur demandant de responsabiliser les parents) ; un contrat avec les familles. L’association a seulement un rôle d’appui.
 
Débat au cours de l’assemblée sur la notion de contrat, sur l’attitude à adopter en cas de non respect des contrats : sanction (voir exclusion) ou renégociation et échanges ?
Questions sur l’information sexuelle des adolescents et la prévention des grossesses non désirées. Des actions sont menées, mais les tabous et traditions sont telles que ces actions ont un effet très limité.
 
Aucune famille n’a l’électricité.
          L’association a décidé de donner des kits solaires à chaque famille. 5 familles par mois pour étaler la dépense. Le coût des kits baisse (actuellement 68 000 ar – 14 €). Cela permet aux familles d’éclairer leur maison gratuitement le soir (nous pensons aux devoirs des enfants à la maison), mais aussi d’écouter la radio, de charger les éventuels téléphones, … Cette distribution (très appréciée des familles) a débuté en mai 2023.
 
Nous avons maintenant (novembre 2023) 4 universitaires. Nous en aurons peut-être le double dans un an. Cela a un coût. En termes de dépenses pour l’association, un universitaire, c’est l’équivalent de cinq enfants du primaire ou des collèges.
        Considérant nos ressources comme globalement stables, nous avons décidé de réduire le nombre total de bénéficiaires pour ne pas prendre le risque de nous retrouver en trop grande difficulté : 92 scolarisés en septembre 2023 pour 105 en septembre 2022.
 
Valoriser les savoir-faire des jeunes et favoriser leur insertion professionnelle.
        C’est avec ces idées en tête que nous avons pensé « permis de conduire ». Le permis (A et B) coûte 320 000 ar (67 €). Avoir le permis valorise celui qui l’obtient. C’est pour la vie. C’est aussi un atout pour l’emploi. 2 jeunes l’ont déjà obtenu. 3 autres s’y préparent. Malheureusement, seulement des garçons jusqu’à présent.
 
L’association peut être amenée à définir des priorités de financement des scolarités en fonction des ressources disponibles.
 
Solidarité Enfants du Monde (Landerneau) finance les projets économiques et le riz. L’activité professionnelle des familles – le plus souvent des mamans seules – fournit les revenus de la famille, dans un contexte de misère extrême. Nous essayons de privilégier les petits projets à forte rentabilité. Exemples de la vente de poissons (Nirina et la maman de Solo, où 50 000 ar – 12 € - permettent un revenu supérieur à 10 000 ar par jour) ou de l’achat de 2 arrosoirs pour la maman de Faridah. Parfois, les projets des familles sont fantaisistes, trop coûteux, et une longue négociation est nécessaire.
           Nous allons organiser des petites formations à la gestion d’un projet économique, mais aussi des formations techniques pouvant intéresser à chaque fois quelques familles (exemples de la production de miel, de l’élevage de poules, de la commercialisation des noix de cajou).
 
20 kilos de riz le dernier samedi du mois pour chacune des 52 familles, financés par Solidarité Enfants du Monde. Cela permet de nourrir 4 personnes pendant 2 semaines. Assistance nécessaire au regard de la misère des familles. Assistance qui nous pose cependant bien des questions. Action initiée il y a 10 ans pour faire face à l’urgence alimentaire des enfants malnutris. Action maintenant installée dans une routine. Nous constatons des dérives, certaines familles faisant tout pour demeurer « bénéficiaires » (avoir au moins un enfant scolarisé) afin de ne pas perdre le riz ; conflits pour la distribution du riz au sein des familles éclatées ou chaotiques, ….
 
L’association cherche à établir une relation de dialogue et de confiance avec les familles, en respectant leurs choix, leurs coutumes. La qualité de cette relation se vérifie surtout à l’occasion des visites à domicile, moment d’écoute et d’échanges. Or, nous constatons que certaines familles que nous connaissons depuis 10 ans nous mentent de plus en plus ou développent des stratégies d’évitement ou d’opportunisme. L’équipe, sauf Myriam, n’est pas formée à la relation d’aide et au dialogue. Etre un « aidant », c’est faire preuve d’empathie, mais aussi d’intelligence de la relation ; c’est être capable de mettre de côté ses propres croyances, ses certitudes, ses valeurs, pour mieux comprendre l’autre tout en demeurant lucide. Exercice difficile qui demande, pour être opérationnel, ouverture d’esprit, écoute, bienveillance, modestie. Il nous faut bien admettre que nous en sommes parfois loin.
 
Le rapport d’activité, présenté par Jean Paul Pinvidic, président, est adopté à l’unanimité. 



 
Rapport financier – année civile 2022 – en euros (1 € = 4 800 ariary)
 
Recettes : 25 900 €
                        Parrainages :                          20 580 € (99 personnes)
                        Entreprises :                            2 500 € (2 entreprises)
                        Legs :                                        1 900 €
                        Collectivités (subventions)         400 € (Pencran et La Martyre)
                        Recettes diverses                       520 € (vente de produits, intérêts)
Dépenses : 25 197 €
                        Frais de personnel :              9 838 €
                                   (salaires, charges sociales, impôts, formations)
                        Scolarité :                               7 602 €
                                   (frais de scolarité, fournitures, cantines)
                        Santé des enfants :              4  016 €
                        Actions diverses :                 1 896 €
                                   (animations, noël des enfants, soutien aux familles)
                        Fonctionnement :                1 845 €
                                   (loyer, assurances, fournitures de bureau, internet, frais bancaires)
Résultat : excédent de                                    703 €
 
Dépenses effectuées en France :                 253 € (assurance + frais de virements)
Réserves en fin d’exercice :                     12 219 €
 
Apport de Solidarité Enfants du Monde en 2022 : 7 699 €
                        Riz :                                     7 567 €
                        Projets économiques :       132 €
 
Commentaires sur les finances
L’exercice 2022 fait apparaitre une situation saine, avec un léger excédent de 703 €, des réserves de fin d’exercice assez confortables (12 129 €).
En septembre 2022, nous craignions un déficit important de l’ordre de 7 000 €. Nous avons lancé un appel aux parrains. Près de 20 parrains ont répondu en augmentant leur participation ou en faisant un don ponctuel supplémentaire. Nous avons enfin reçu 2 legs imprévus pour un montant de 1 900 €.
En préparant la rentrée scolaire de septembre 2022, nous avons rompu avec une tradition bien établie à Madagascar qui veut qu’on achète un cartable neuf à chaque élève. Cela a provoqué des tensions, la rumeur a couru d’une faillite de l’association que nous avons eu du mal à démentir. Nous en sommes à la décision d’un cartable neuf tous les deux ans.
La sécurité des mouvements d’argent est une préoccupation constante, dans le contexte de la corruption généralisée à Madagascar. L’engagement des dépenses est décidé collectivement, les pièces comptables transmises et vérifiées chaque semaine, les tâches réparties, … Mais aucun système n’est infaillible en la matière.
Les salaires nets du personnel sont de 243 € (1 165 000 ar) pour Myriam et de 123 € (591 400 ar) pour Lanto et Georginnot. Sur 13,5 mois par an. Le règlement intérieur et le cahier des charges du personnel ont été revus et précisés cette année, de façon concertée. Le texte proposé n’a toutefois fait l’objet d’aucun souhait de modification.
Les finances de l’association demeurent fragiles. En 2022, nous avons sauvé la situation par une mobilisation des parrains et des recettes imprévues. En sera-t-il autant en 2023 ? Nous avons réduit le nombre de bénéficiaires, mais les coûts augmentent nettement (scolarité des universitaires, inflation, …). 30 parrains versent leur participation une fois par an, généralement en fin d’année. Chaque année, en octobre et novembre, nous sommes inquiets : vont-ils participer encore cette année ?
Solidarité Enfants du Monde finance le riz et les projets économiques. Ce sont pour nous des partenaires très proches, solidaires de nos actions. Leurs ressources dépendent principalement d’activités (fête de potirons, soirées crêpes, actions liées aux festivals de musique en été, …). Ces recettes sont quelque peu aléatoires. Solidarité Enfants du Monde n’est pas assurée de pouvoir financer en 2024 la totalité des sommes nécessaires pour le riz (environ 7 000 €).
L’assemblée décide de faire coïncider désormais les rapports d’activité (année scolaire précédente) et l’exercice financier de l’association. En 2024, il y aura un exercice financier allant du 1er janvier au 31 juillet. Puis un second, du 1er août 2024 au 31 juillet 2025. 
Le rapport financier est adopté à l’unanimité. 
Nouvellement du conseil d’administration

Jusqu’à présent et cela depuis de nombreuses années, l’association a un conseil d’administration un peu fantôme. 13 membres, dispersés dans toute la France (Marseille, Bordeaux, Nantes, Le Havre, le Finistère) voire à  l’étranger (Sénégal, Madagascar), ayant accepté de participer au conseil par sympathie envers ce que nous faisons, tous parrains, suivant les informations, mais peu disponibles ou peu motivés pour participer à des réunions.
Lorsque nous avons convoqué le conseil, nous nous sommes retrouvés 4 ou 5 personnes. Alors, nous nous sommes repliés sur le « bureau », émanation du conseil, composé de 4 personnes. Puis, le bureau s’est aussi évaporé par une démission et un retrait, suite à des tensions concernant la gestion du personnel. L’association doit retrouver un fonctionnement plus collectif.
Nous proposons de revenir aux dispositions des statuts (articles 9 et 10) qui prévoient un conseil d’administration se réunissant chaque trimestre. Les statuts ne prévoient pas explicitement de réunions du bureau.
Aucun des membres actuels du conseil, en dehors de Guy Pinault et de Jean Paul Pinvidic, n’a exprimé le souhait de poursuivre sa présence au conseil. Ils sont donc considérés comme démissionnaires.
L’assemblée souhaite que le conseil s’ouvre largement à des personnes de Majunga, proches de nos activités, connaissant bien la mentalité et les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Les statuts (articles 4, 5 et 6) indiquent que les bénévoles apportant, d’une manière ou d’une autre, une aide aux actions de l’association, en sont membres à part entière et peuvent donc être élus au conseil d’administration.
Myriam Hanitriniaina, salariée, coordinatrice, souhaite être membre du conseil. Rien ne s’y oppose.
Sont élus à l’unanimité membres du conseil d’administration :
Patricia Rasoamanandray,
Marson Hossen,
Tokiniaina Mamy Chrysanthe, dit « Kinih »,
Dominique Bellec,
Aïcha Tabet,
Hasina Randriamihaja,
Noelle Rakotomanga,
Nandrasana Randrianasolo,
Guy Pinault,
Myriam Hanitriniaina,
Jean Paul Pinvidic.
 
Guy Pinault est élu trésorier de l’association, Myriam Hanitriniaina secrétaire. Jean Paul Pinvidic demeure président.
 
Le conseil d’administration se réunira chaque trimestre. Il aura au moins trois missions précises :
 
  • Prendre les décisions importantes concernant l’activité (création de nouvelles activités, suppression, modifications notables) entre les assemblées générales.
  • Décider des choix budgétaires.
  • Gérer le personnel (recrutements, sanctions, cahier des charges, règlement intérieur, formations).
  • Chaque mardi matin, Myriam Hanitriniaina, Guy Pinault et Jean Paul Pinvidic se réunissent avec les deux autres salariés : Lanto et Georginnot. Ces réunions sont consacrées à trois points : l’examen de toutes les situations individuelles de bénéficiaires le nécessitant, le planning de la semaine pour l’équipe salariée, la décision d’engagement de dépenses pour la semaine qui s’ouvre. Ces réunions ne doivent pas se transformer en « bureau » de l’association. Il s’agit d’un exécutif opérationnel nécessaire. 
     
     



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