Nous avons pris en charge 76 enfants (74 scolarisés) provenant de 43 familles ayant une moyenne de 6 enfants. La moyenne des ressources mensuelles des familles a été de 105 000 ariary, soit 21 euros. 6 enfants ont abandonné en cours d’année scolaire. Sur les 68 qui sont allés au bout, 44 ont été admis en classe supérieure. Taux de redoublement : 35 % (moyenne nationale malgache : 25 %). 60 enfants ont bénéficié de soins de santé payés par l’association. 92 donateurs (appelés aussi les « parrains ») ont participé au financement des activités, dont 2 communes (Pencran et La Martyre) et 2 entreprises. Après avoir enregistré un déficit important en 2023 (4 963 euros), nous avons pu rétablir les comptes en 2024 (excédent de 5 229 euros).
Nouvelles orientations
L’assemblée générale, réunie le 28 juin, a décidé d’orienter nos actions en faveur des enfants et des jeunes vers l’insertion professionnelle : apprentissages, petites formations professionnelles. Nous avons également décidé de poursuivre la scolarité classique d’une partie des bénéficiaires actuels. Après examen de chaque situation, nous avons retenu 29 enfants et jeunes. Nous devons encore préciser les modalités des apprentissages. Secteurs envisagés : les métiers du bâtiment, l’hôtellerie, coiffure, couture, conduite de véhicules, menuiserie, artisanat, employé(e) de commerce, … L’idée est aussi, en suivant cela de très près, d’en tirer un bilan dans moins d’un an.
?Fin de la distribution du riz
Par accord entre Solidarité Enfants du Monde et nous-mêmes, la distribution du riz aux familles bénéficiaires (15 kilos chaque fin de mois) a été supprimée à partir du mois de juillet. Cela fait suite au constat qu’une majorité des familles maintenait les enfants scolarisés essentiellement pour garder le bénéfice du riz sans attacher grande importance à l’école de leurs enfants. Nous avons surestimé nos capacités à faire évoluer les situations des familles.
Illustration de notre naïveté les kits solaires, qui ne servent pas aux enfants
Cibler davantage nos interventions
Jusqu’à présent, nous étions très ouverts à toutes sortes de besoins des familles et nous y avons répondu par des interventions tous azimuts : scolarité, santé, habitat, aides alimentaires, projets économiques, vêtements, imperméables, sandales, lampes solaires, toutes sortes de fournitures, secours d’urgence, etc. Le dialogue et la relation de confiance, base de notre pédagogie depuis 12 ans, ont peu à peu fait place aux mensonges et à la volonté de beaucoup de familles de profiter de l’association.
Nous allons cibler strictement désormais nos domaines de compétences (formations, santé), clarifiant ainsi ce que les bénéficiaires peuvent attendre de l’association. C’est aussi une façon de les responsabiliser.
Conseil d’administration
L’assemblée générale a validé la nouvelle composition du conseil d’administration : Dominique Bellec, Christophe Grosdidier, Jacky Cligny, Tiana Francine, Aïcha Tabet, Myriam Hanitriniana, Jean Paul Pinvidic. Le conseil se réunira en septembre.
Examens de fin d’année
7 présentés au Certificat d’Etudes, 6 reçus. 2 présentés au BEPC, 1 reçu. 4 présentés au BAC, résultats en attente. La tendance nationale est de « donner » le Certificat d’Etudes à presque tout le monde. A l’inverse, de limiter le nombre de reçus au BEPC et au BAC par manque de possibilités d’accueil dans les classes supérieures.
La corruption dans l’enseignement semble se développer encore un peu plus chaque année. Une grande enquête de Transparency International fait état que 4 sondés sur 10 y ont été concrètement confrontés. L’achat des notes et des diplômes devient monnaie courante. Nous disposons d’informations assez précises sur ces pratiques à Majunga. C’est désespérant.
Formations professionnelles et apprentis-sages
Une pléthore d’organismes dispensent des formations professionnelles à Majunga. Avec plus ou moins d’efficience. Souvent, il s’agit de business déconnectés des réalités de l’emploi. Nous nous en méfions. D’autres organismes, tel Don Bosco, assurent de longues formations de qualité. Il existe aussi des petites formations, plus modestes, plus ancrées dans le réel, moins couteuses aussi. Quelques associations rigoureuses (comme l’EMTH), des maisons de quartier (comme Mahabibo Kely), des services de l’Etat (Direction de la Population), … L’apprentissage, tel qu’on le conçoit en France, n’existe quasiment pas à Madagascar. Notre idée est de proposer un contrat où l’employeur sera indemnisé les premiers mois pour la formation du jeune, puis le jeune rémunéré les mois suivants pour son travail. Le contrat se terminera soit par une embauche, soit pour le moins par une attestation d’acquisition de compétences. Pourrons-nous trouver suffisamment d’employeurs qui joueront sincèrement le jeu de l’insertion professionnelle ? C’est la question. C’est un défi.