Partenariat Scolarisation Majunga

         Septembre 2021


La rentrée est faite

Nous avons 108 enfants scolarisés, provenant de 56 familles. Et aussi 4 jeunes en formation professionnelle. 17 écoles partenaires (10 écoles publiques, 7 écoles privées).
2 écoles disposent d’une cantine : Teen Mission et l’EP Andry. Nous payons la cantine : 30 enfants sont concernés et ils en sont très heureux : « Nous n’avons plus à nous préoccuper du repas de midi. Nous mangeons bien à midi. Alors, même si le soir, il n’y a que du manioc, ça va ».

Les pratiques de certaines écoles primaires publiques sont choquantes. Les instituteurs obligent les élèves à participer à des cours de soutien scolaire payants, chaque jour, de 16 à 17 heures. Et certains enseignants organisent des stands privés de vente de goûters pour les élèves dans la cour de l’école, pour leur bénéfice personnel, en exigeant que certains enfants vendent leurs produits bénévolement. 

à droite : La cantine, une nécessité pour les enfants des familles très pauvres
 

Nous avons dû intervenir pour interdire que les enfants bénéficiaires, habitués à vendre quelques produits dans leur quartier, soient ainsi utilisés comme main d’œuvre gratuite pour le bénéfice des instituteurs.

Beaucoup d’enfants d’Andohagara sont maintenant à l’école Teen Mission. Ils en sont très satisfaits : « Nous avons un enseignant pour chaque matière, chacun a son programme. Pour nous, c’est nouveau. Et puis la cantine, c’est très bon ». Nous soulignons, pour notre part, l’absence de discrimination, le respect des enfants. Même sentiment pour  4 enfants d’Aranta, scolarisés maintenant à l’EP Andry : « Les instituteurs s’intéressent à nous, cela nous étonne, ils nous expliquent lorsque nous ne comprenons pas ».

Honoré et Erline sont tous deux à l’Université. Honoré en sciences de la terre et Erline en gestion. Le rythme universitaire a été très perturbé l’année dernière, Erline a perdu beaucoup de temps. Nos deux étudiants bénéficiaires se retrouvent en première année. 
Beaucoup de travail

Réussir à scolariser 108 enfants dans 17 écoles différentes a été un challenge pour l’équipe.

A Madagascar, toutes les démarches sont compliquées et prennent beaucoup de temps. Il a fallu une sacrée organisation pour se concerter avec les enfants et les familles, réussir et payer toutes les inscriptions, acheter et distribuer les fournitures, régler mille détails, …

C’est fait.

Il reste des blouses à faire confectionner, quelques fournitures manquantes pour certains, selon les exigences des écoles.

Durant le mois de septembre, nous n’avons pas pu faire d’animations. Toutes les familles ont été visitées à leur domicile. Nous allons démarrer les animations et le soutien scolaire dès ce mois d’octobre. 

Sortie des petits au parc Reniala

Nous avons organisé une journée de détente au parc Reniala, espace de nature avec beaucoup d’animaux en pleine ville, avec les enfants du primaire des 3 quartiers. Les 60 enfants ont visité le parc, beaucoup joué, pris un repas ensemble. Façon conviviale et détendue de marquer la rentrée.

 Notre objectif était aussi de repérer les enfants les moins à l’aise, ceux qui semblent manquer de confiance en eux, qui ont du mal à s’exprimer, …, afin de mieux individualiser notre suivi durant l’année scolaire qui démarre. Nous ferons une journée similaire avec les « grands » en octobre. 

à droite : Les enfants ont adoré la course en sac
 

Bibliothèque

Il y a une bibliothèque municipale juste à côté de notre local, dans le bâtiment Cotisse.

3 employées municipales s’y ennuient, attendant les enfants du quartier qui y viennent parfois. La commune ne cherche pas du tout à dynamiser ses bibliothèques.

Nous avons noué des relations. Et les bibliothécaires sont ravies de trouver un partenaire pour des animations avec les enfants : « Nous aimons ce que vous faites, travailler avec vous donne un sens à notre présence ici ». 
Relation difficile avec une maman

Miranah, 18 ans, termine une formation professionnelle en cuisine-pâtisserie. Elle vit chez sa mère avec son petit frère.

La maman, ancienne prostituée, ne s’en occupe pas du tout, ne finance rien, et nos visites la gênent. Elle est consciente de ne pas respecter sa part du contrat : « Je n’aurais pas dû accepter d’envoyer ma fille chez vous. Vous pouvez me mettre en prison ».

Elle dit cela devant Miranah qui, désespérée, baisse la tête et ne dit rien. Pourtant la mère a bénéficié du financement de ses activités de vannerie. Elle vend des paniers. Il y en avait une centaine, prêts à être vendus, lors de notre visite.

Les familles bénéficiant d’une aide aux projets économiques s’engagent à ce que les enfants profitent des gains obtenus
Souffrance

Tinah, 18 ans, scolarisée en 1ère, a été retrouvée inanimée derrière le quartier d’Andohagara. Elle a tenté d’avorter en prenant des médicaments douteux donnés par une matrone. Tinah s’est réveillée en réanimation à l’Hôpital d’Androva. Le bébé est toujours là. Pour l’entourage, de culture antandroy, la contraception et l’avortement sont interdits. C’est « fady ». Tinah ne veut pas de cette grossesse. Elle veut poursuivre ses études. Elle y est très à l’aise et motivée. Mais maintenant, tout le quartier est au courant de la situation. Que va-t-il se passer ? Les médecins craignent des séquelles pour le bébé, suite à la tentative d’avortement.

Cette situation de grande souffrance nous amène à réfléchir sur notre accompagnement et à préciser notre approche de sujets très délicats, très intimes. Nous devons renforcer notre action d’information sur la sexualité, de prévention des grossesses non désirées, des maladies sexuellement transmissibles. Nous devons nous garder de tout jugement moralisant, aider les adolescents à réfléchir, à mûrir, à choisir leur vie. Et surtout, ne jamais laisser tomber personne. Ici, concrètement, nous serons aux côtés de Tinah, nous respecterons ses choix, en essayant qu’ils soient le plus réfléchi possible. 
La maman de Katalina

Elle vit seule avec 6 de ses enfants, à Aranta. Elle gagne un peu d’argent en cherchant des lessives. La vie est dure.

Le riz donné par Solidarité Enfants du Monde dure une semaine. Ensuite, le plus souvent, il n’y a rien à manger. La maman est devenue dépressive. Elle fuit sa maison, laissant les plus petits tout seuls. Elle n’arrive plus à affronter la réalité et à s’occuper des enfants. Elle est dans le déni et semble baisser les bras.


ci-contre : Aranta est probablement le quartier le plus pauvre de Majunga. Misère effrayante, prostitution, violences, alcool, …La police s’ose pas entrer dans le quartier enclavé. C’est dangereux.
 
 



Créer un site
Créer un site