Partenariat Scolarisation Majunga

            octobre 2021

Hommage aux femmes de Majunga

Nous voulons parler ici un peu des mamans et des grand-mères vivant dans les quartiers très pauvres de la ville. Le plus souvent seules avec beaucoup d'enfants. Les hommes sont partis ou bien ils sont décédés.

Ces femmes partagent la grande misère, parfois insupportable, lorsque, par exemple, le souci de trouver à manger le lendemain pour les enfants les empêche de dormir. Quelques unes baissent les bras, sont perturbées, parfois à la dérive.

Mais la majorité d'entre elles travaillent dur chaque jour pour de très maigres ressources. Elles sont courageuses, dignes, humbles et fières à la fois. Nous avons beaucoup appris en les côtoyant chaque jour depuis près de 10 ans. Elles sont dévouées à leurs enfants, espèrent que ces derniers auront un avenir. Respect.

Nous vous admirons, mesdames !
Comment demander à des parents illettrés de sintéresser aux études des enfants
Comment demander à des parents illettrés de sintéresser aux études des enfants
Reprise des activités

En octobre, nous avons repris les animations hebdomadaires, le soutien scolaire, les visites à domicile, … Et aussi la poursuite d’entretiens approfondis avec les bénéficiaires les plus en difficulté. Et, enfin, la préparation des réhabilitations de maisons, avant l’arrivée des pluies.

L’année universitaire est également commencée pour nos deux bénéficiaires (Erline et Honoré). Deux autres jeunes sont entrés en formation professionnelle : D’Erik en mécanique-auto et Ella en cuisine-pâtisserie.

Nous avons 114 bénéficiaires.

Certains parents ne s’impliquent pas dans les études de leurs enfants. Ils ont d’autres soucis, ne savent pas trop ce qu’ils peuvent faire (beaucoup ne savent pas lire) ou ne veulent pas s’en inquiéter. Et puis, ils disent : « Nos enfants vous écoutent. Et nous avons confiance en vous ». Discours dangereux. Nous devons toujours rappeler que nous ne sommes qu’en appui, que ce sont leurs enfants, … 
Visite de Brieuc

Il est des visites qui nous font bien plaisir. Ainsi, celle de Brieuc, en appui technique de l’ONG Kozama à Tananarive, intervenant auprès des enfants. Intéressé par nos pratiques, il a passé deux jours avec l’équipe sur le terrain. Kozama est une grosse ONG (40 salariés). Brieuc nous propose de nous intégrer à des modules de formation en psychologie de l’enfance et en pédagogie active. Proposition bienvenue !
Une journée avec nos « grands »

Samedi 9 octobre, nous avons invité les « grands » bénéficiaires, collégiens et lycéens, à une journée de détente et de discussions pour marquer la rentrée. Notre message principal était de leur rappeler notre disponibilité pour les accompagner, chacun selon ses problèmes, ses projets, ses souhaits.

Les jeunes expriment une volonté forte de poursuivre des études, les filles souvent dans les métiers de la santé ou de l’enseignement. Nous avons aussi parlé de la drogue, de la violence, de la sexualité. La majorité des garçons ont déjà goûté au cannabis (on trouve des doses pour 200 à 500 ariary – moins de 10 centimes – dans les espaces bordant Andohagara). Les garçons n’ont pas souvent de copine. Certains disent, de façon très abrupte et cash : « ça coûte trop d’argent, on va plus facilement voir les prostituées, c’est moins cher ». Plusieurs filles veulent utiliser une contraception, conscientes d’une grossesse peut entraver leurs projets. Quelques unes ont franchi le pas. Mais nous faisons face aux croyances répandues : la contraception rend stérile ou provoque des kystes. 
Ravaka se dispute

Appel téléphonique de la maman qui nous informe que Ravaka a été tabassée et blessée. La mère veut porter plainte. Une fois faite la part des choses, Ravaka s’est disputée avec un garçon de l’école dont elle se moquait facilement. Le garçon a donné quelques coups.

Bagarre d’adolescents sans réelle gravité. Mais la maman y voit l’occasion de capter de l’argent auprès de la famille du garçon.


Une bagarre à la sortie de l’école sert de prétexte pour tenter d’obtenir de l’argent
Hery, renvoyé du lycée

C’est un grand ado d’Aranta. 17 ans, bon élève, en seconde au lycée public. Ses copains sont venus l’attendre à la fin de la classe. Ils ont fumé un joint aux abords de l’école (ce n’était pas la première fois). Le proviseur a appelé la police et l’a renvoyé du lycée. La mère de Hery a dit : « Je vais le tuer ».

A Aranta, la majorité des jeunes fument du cannabis. Le quartier est très violent, pauvre, délinquant. Nous avons réussi à faire que Hery échappe au racket habituel de la police (qui libère les jeunes si une bonne liasse de billets leur est donnée). Puis, après plusieurs discussions avec Hery et avoir établi un contrat, nous lui avons trouvé un nouveau lycée. Ce garçon est motivé par ses études. Il est conscient de la dérive de ses copains du quartier. Mais il dit : « Je ne peux pas couper complètement avec eux. Ils me protègent aussi des bandes des autres quartiers. A Aranta, il ne faut pas se retrouver seul, sinon on est très vite agressé ».
 
 



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