Partenariat Scolarisation Majunga

              Octobre 2020

Rentrée scolaire chaotique

85 enfants bénéficiaires ont repris le chemin de l’école en octobre. Ce fut très compliqué : les écoles privées ont repris, chacune à la date de son choix, à partir du 5 octobre. Dans les écoles publiques, la question des « droits » (paiement de l’inscription) est restée en suspens tout le mois. Le président Rajoelina avait promis la gratuité. Mais les établissements n’ont reçu aucune fourniture pédagogique (ce à quoi servaient les droits). Finalement, les écoles ont demandé une contribution aux familles. Donc, des « droits » qui ont changé de nom …

Changement de direction à l’EPP Firaisanana (Abattoir). L’ancienne directrice, avec qui nous avons beaucoup travaillé, est partie avec la caisse de l’école : deux années de cotisations des familles pour le fonctionnement de l’école. A Belinta, déjà, il y a quelques années, une autre directrice mutée était partie en emportant les tôles de son logement de fonction.

Ainsi va l’éducation à Majunga.
Scolariser leurs enfants demeure souvent un défi impossible pour les familles très pauvres
Scolariser leurs enfants demeure souvent un défi impossible pour les familles très pauvres
Mahavelona

Finalement, ce sont 13 enfants bénéficiaires du quartier d’Andohagara qui ont confirmé leur souhait de changer d’école, avec l’accord de leurs parents. Les tensions avec Tovo, le directeur de Mahavelona, l’école du quartier, ont été très vives à l’approche de la rentrée. Lorsqu’un élève quitte une école, le directeur doit remettre à la famille un certificat de scolarité, la copie de l’acte de naissance et le carnet de correspondance. Nous avons dû faire intervenir le « Chef ZAP », autorité des écoles, pour que Tovo respecte les procédures. 20 enfants bénéficiaires restent à Mahavelona. Nous respectons les décisions des familles. Nous serons attentifs à ce que ces enfants ne fassent pas les frais de la rancœur de Tovo. 
La cantine scolaire, un atout essentiel et trop rare pour les enfants
La cantine scolaire, un atout essentiel et trop rare pour les enfants

Teen Mission dispose d’une cantine


C’est la nouvelle école des 13 enfants d’Andohagara. Ils y rejoignent 3 autres qui y sont déjà scolarisés depuis un an.


Point très appréciable : cette école dispose d’une cantine pour le repas de midi. Nous allons financer la cantine pour les enfants : 2 kapoaka (godets) de riz et 2500 ariary (60 centimes) par semaine. 


Très peu d'écoles de Majunga disposent d'une cantine. Aucune école publique. C'est pour nous l'assurance que les enfants puissent recevoir un vrai repas chaque jour d'école. 
Camilla

Il s’agit de cette adolescente de 13 ans que le beau-père, pasteur d’une secte, veut marier avec un adulte de sa « paroisse ». Le pasteur a très mal réagi à nos interventions pour que Camilla puisse, comme elle se souhaitait, rester à l’école et ne pas de marier : « Vous vous opposez à la volonté de Dieu (sic). C’est une chance pour elle qu’elle soit choisie par un membre de l’église ». Ce même pasteur a refusé la médecine, pourtant gratuite pour la famille, et organisé une séance de délivrance dans son église lorsque Camilla a été malade en début de mois. Nous avons demandé l’intervention du président du Fokontany (administration du quartier). Nous pensions aboutir. Mais le pasteur n’a pas répondu à la convocation du Fokontany et la maman a refusé de signer une lettre d’engagement. Puis, soumise aux pressions diverses, voilà que Camilla a changé d’avis : elle dit ne plus vouloir aller à l’école. Ni se marier. Nous craignons qu’elle suive le chemin pris par sa grande sœur qui se prostitue. Nous allons poursuivre nos interventions.  
Solidarités

Durant ce mois de rentrée scolaire, nous avons constaté et apprécié des comportements solidaires de plusieurs enfants et jeunes bénéficiaires.

Tiandraza, grand-frère de Dominique, épaule et guide ce dernier pour qu’il réussisse sa rentrée. Il l’accompagne tous les jours à Teen Mission, la nouvelle école de Dominique, surveille ses devoirs avec bienveillance. Ardine, la grande-sœur, a arrêté : elle est enceinte.

Chantal, 15 ans, ancienne bénéficiaire, maman d’un bébé, s’occupe maintenant sérieusement de son petit-frère, Angelo (quartier d’Aranta). La mère est décédée et le père défaillant. Du coup, Angelo semble plus motivé. Il a changé d’école. Chantal fait des lessives pour gagner un peu d’argent. Nous allons essayer de faire entrer Chantal dans une formation professionnelle.

D’Erik, 18 ans, (Andohagara) casse des pierres à la carrière dès qu’il a un moment disponible. C’est lui qui permet à sa mère, sa compagne, son bébé et sa nombreuse fratrie (10 enfants) de manger. Il débute la terminale et compte bien réussir son Bac.  
D'Erik est un modèle très positif pour les jeunes dAndohagara. Ici, à la carrière.
D'Erik est un modèle très positif pour les jeunes dAndohagara. Ici, à la carrière.
La maman d'Annick a investi dans une petite machine pour décortiquer les arachides
La maman d'Annick a investi dans une petite machine pour décortiquer les arachides
L'intérieur ordinaire d'une maison des enfants bénéficiaires. Pas de lit, pas de meubles, quelques vieux objets récupérés, une marmite, des vêtements stockés dans des sacs
L'intérieur ordinaire d'une maison des enfants bénéficiaires. Pas de lit, pas de meubles, quelques vieux objets récupérés, une marmite, des vêtements stockés dans des sacs
 
 



Créer un site
Créer un site