Partenariat Scolarisation Majunga

                                               Juillet 2021



Examens : résultat décevants


Pour le Certificat d’études, 16 bénéficiaires présentés, 7 reçus. En cause, essentiellement le très faible niveau de l’enseignement à l’école Mahavelona d’Andohagara (9 présentés, 1 seul reçu). Pour les autres écoles : 7 présentés, 6 reçus, ce qui est remarquable.


Pour le Brevet, 12 présentés, 5 reçus. Les résultats du Brevet sont mauvais dans l’ensemble de Madagascar. Conséquence du confinement, des déficiences des enseignants, du découragement de nombreux élèves.


Pour le Bac : 3 présentés, 1 reçu. 
Curiosité malgache les élèves passent un examen à la fin de chaque année scolaire
Curiosité malgache les élèves passent un examen à la fin de chaque année scolaire
Ecouter et dialoguer est probablement notre action la plus importante. Elle rend la dignité aux bénéficiaires.
Ecouter et dialoguer est probablement notre action la plus importante. Elle rend la dignité aux bénéficiaires.

Bilan de l’année scolaire avec les enfants et les parents


L’équipe a pris beaucoup de temps pour rencontrer chaque enfant bénéficiaire, seul dans un premier temps, puis avec les parents dans un second temps.

Ecoute active de chacun, dialogue, bilan individualisé, perspectives pour l’année prochaine. Nos objectifs étaient d’écouter les enfants, de les motiver pour la suite, de responsabiliser les parents (le plus souvent des mamans seules).

Les enfants étaient heureux de notre attention à chacun, les parents très satisfaits de l’action de l’association.

Rencontres à renouveler à la fin de chaque année scolaire.
Le choix des écoles en question

Jusqu’à présent, les familles choisissaient librement l’école de scolarisation de leurs enfants. Nous acceptions leurs souhaits, sans jamais opposer de veto.

orce est de constater cependant que quelques écoles sont de plus en plus déficientes.

Ainsi Mahavelona à Andohagara : manque de professeurs compétents, ambiance violente, très faible niveau de l’enseignement, stigmatisation des enfants bénéficiaires (les plus pauvres du quartier).

Ainsi le CEG de Mahabibo où les professeurs sont très souvent absents, démotivant les élèves. Les enseignants se contentent de distribuer des polycopiés rédigés en français, sans aucune explication, ni aucune pédagogie.

Alors nous nous orientons vers un veto pour les écoles les plus mauvaises, le refus d’y inscrire des enfants, les familles choisissant entre les autres.
Le CEG Charles Renel, second collège public du centre de Majunga, est bien plus sérieux que celui de Mahabibo
Le CEG Charles Renel, second collège public du centre de Majunga, est bien plus sérieux que celui de Mahabibo
Défendre le droit des enfants dans un contexte de pauvreté extrême
Défendre le droit des enfants dans un contexte de pauvreté extrême


Visite des familles les plus perturbées

L’équipe a choisi, en juillet, de visiter les familles maltraitantes et les plus en difficulté.

Nous voulions marquer notre défense des droits des enfants, négociant très concrètement la poursuite de la scolarité, conformément aux souhaits des enfants.

Mettre aussi la pression sur certains parents.

La majorité des mamans sont aimantes, remarquables et nous avons plaisir à travailler avec elles. Mais ce n’est pas le cas de toutes. Il y a parfois de la violence.  
La rentrée, déjà

Alors que les examens ne sont pas complètement terminés (les épreuves du Bac se tiendront à partir du 9 août), la rentrée est programmée pour le 1er septembre. Nous commençons à recevoir de nombreuses familles à la recherche d’une prise en charge de la scolarité de leurs enfants.

La pauvreté fait des ravages à Majunga. Et scolariser ses enfants coûte de plus en plus cher. Les familles actuellement bénéficiaires nous demandent d’intégrer les plus petits qui arrivent en âge d’aller à l’école. D’autres réagissent en refusant de mettre le peu d’argent dont elles disposent dans l’école de leurs enfants : « à quoi bon ? Concrètement, il n’y a pas d’école à cause du confinement ou de l’absentéisme des enseignants ». 
Ravaka est scolarisée à lécole Salema de Belinta ci-dessus
Ravaka est scolarisée à lécole Salema de Belinta ci-dessus

Ravaka

C’est une jeune fille de 15 ans qui avait abandonné l’école, éloignée chez un oncle à Antsirabe où elle servait de bonne à tout faire.

La famille, très pauvre, est recomposée. Elle subit l’emprise d’une secte particulièrement nocive. Le beau-père se déclare pasteur et passe son temps à prêcher.

Ce sont les enfants qui travaillent. La grande sœur de Ravaka, Emilia, 17 ans se prostitue en permanence, en ville. La petite sœur, Camille, 14 ans, vient d’accoucher.

Ravaka est revenue à Majunga depuis un an. Intelligente et motivée, ayant un fort caractère, elle exprime un vrai désir de poursuivre sa scolarité. Son parcours nous amène à confirmer notre volonté de ne jamais abandonner un enfant bénéficiaire (sauf s’il met les autres en danger), de toujours laisser la porte ouverte pour une reprise de scolarité ou de formation professionnelle.
 
 



Créer un site
Créer un site