Partenariat Scolarisation Majunga

                 Février 2022

Très fortes pluies à Majunga

Trois cyclones ont durement frappé l’est de Madagascar en février (Batsirai, Emnati, Gombé) : plusieurs centaines de morts, des zones complètement dévastées.

La région de Majunga, située au nord-ouest de l’ïle, n’a pas été victime des vents violents. Mais elle a été impactée par les pluies tropicales diluviennes accompagnant les cyclones.

La saison des pluies est arrivée très tard (début janvier). Une fois arrivées, les pluies trop fortes ont lessivé les sols, emportant les cultures, inondant la ville.
 
Mananjary côte est après le passage de Batsirai
Mananjary côte est après le passage de Batsirai
Les enfants ont faim

Les familles bénéficiaires de l’aide de l’association sont dans la misère.

Les pêcheurs sont très peu sortis en mer en février. Nos familles vivant de la vente de poissons (Aranta) n’ont pas travaillé.

Celles d’Andohagara cultivent des légumes (manioc, arachides, courges, maïs, oignons, …) et les vendent sur les marchés. Les aléas climatiques les privent actuellement de toute ressource. Les prix des produits alimentaires, notamment du riz, ont explosé.

Fort heureusement, l’école Teen Mission accueillant les enfants d’Andohagara dispose d’une cantine providentielle.

Il n’y a rien à manger à la maison durent les week-ends et les enfants attendent le lundi avec impatience pour pouvoir bénéficier de la cantine. Ceux qui sont malades viennent quand même à l’école pour manger, puis rentrent dormir à la maison.  
Distribution de riz sécurisée

Dans ce contexte, le riz distribué (20 kilos chaque mois, désormais à toutes les familles) revêt une importance cruciale.

L’attroupement des familles devant notre commerçant a provoqué bien des questions dans la ville.

A Madagascar, les partis politiques font du clientélisme en distribuant parfois un peu de riz et d’huile. Cette pratique courante peut provoquer l’hostilité de la police, au service du pouvoir.

Désormais, nous distribuons le riz dans notre local. C’est plus discret et sécurisé. Le jour de la distribution, les familles sont là dès 6 heures du matin. Pour 8 heures, tout le monde est reparti. 
Distribution discrète et sécurisée du riz le 26 février dernier à notre local
Distribution discrète et sécurisée du riz le 26 février dernier à notre local
Les mamans dAndohagara avaient préparé un repas, partagé avec les enseignants et les élèves
Les mamans dAndohagara avaient préparé un repas, partagé avec les enseignants et les élèves
Réunion entre parents, élèves et enseignants

Les enfants d’Andohagara sont désormais scolarisés à Teen Mission. Grand changement : la nouvelle école est grande, les élèves proviennent de tous les milieux sociaux, le niveau scolaire est nettement supérieur à celui de leur ancienne école de quartier, Mahavelona.

Des tensions sont apparues entre les enseignants, les élèves, les parents.

Nous avons pris l’initiative de regrouper tout le monde pour une matinée d’échanges suivie d’un repas pris en commun, préparé par les mamans. Le début de la réunion fut un peu « chaud », chaque partie exprimant ses ressentiments. Puis, au fil de la matinée, nous avons réussi à faire que les participants s’écoutent, se comprennent mieux, se considèrent. Notre approche était simple : il n’y a pas d’enfant « nul » ; chacun (élève, parent, enseignant) a le droit au respect.

A la suite de cette réunion, les tensions se sont en grande partie apaisées.
Tension extrême
Rostine (prénom d’emprunt) est une jeune adolescente de 15 ans, vivant avec ses sœurs chez sa mère et son beau-père. Les sœurs se prostituent. La plus jeune, 14 ans, a déjà un bébé. Le beau-père est pasteur d’une secte, passe ses journées à prêcher (en réalité, essayer de mendier un peu d’argent). La maman oblige ses filles à « ramener de l’argent à la maison ». En clair, à se prostituer. Les filles trainent tous les soirs devant les bars du quartier. Rostine a un fort caractère. Elle veut continuer sa scolarité, quelque peu chaotique. Elle ose répondre à son beau-père qui a interdit à la famille de lui donner quoique ce soit, y compris à manger. Rostine ne veut plus vivre ainsi. Elle nous sollicite pour trouver un hébergement, un foyer, une autre vie. Nous allons saisir la juge des enfants, même si nous savons qu’il est probable qu’elle ne pourra y faire grand-chose. Il n’y a aucune structure de protection des mineur-e-s à Majunga. 
Les filles trainent devant les bars le soir, à la recherche de clients
Les filles trainent devant les bars le soir, à la recherche de clients
Accord de siège ?

Il s’agit, pour les ONG, de l’autorisation d’exister à Madagascar. L’accord est renouvelé tous les 2 ans, au terme d’une procédure lourde et complexe. Nous avons déposé ce dossier de renouvellement en mars 2021. Un an après, toujours rien, bien que le dossier soit complet et correct … 
Dernière péripétie : une demande de nous voir « aider » les victimes des cyclones hospitalisés à Majunga. Pourquoi pas ? Mais, en décodant la demande, nous avons compris qu’il s’agissait d’alimenter une caisse noire, dite « sociale », au CHU, caisse qui ne sert pas à financer les soins des plus démunis, mais dont le contenu doit disparaitre chaque fin de mois … Finalement, cette exigence a été levée. 
 
 



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