Partenariat Scolarisation Majunga

                Août 2021 

Honoré, nouveau bachelier

3 de nos bénéficiaires ont passé les épreuves du Bac. Honoré a été reçu. Bertrand ne l’a pas obtenu. Nous attendons encore le résultat d’Alex.
Erline, bachelière depuis 2020, a posé les pieds à l’Université de Majunga où elle va étudier la gestion.

Pas de congés

L’année scolaire 2020-2021 est à peine terminée que la rentrée scolaire est déjà là. Les autorités veulent caler peu à peu les « grandes vacances » en juillet et août. Nous avons donc beaucoup travaillé en août pour permettre aux enfants bénéficiaires de se présenter dans les meilleures conditions à l’école début septembre.
Branlebas de combat pour la rentrée

Nous aurons 105 bénéficiaires scolarisés pour l’année qui débute (101 en 2020) dans 14 écoles différentes.
5 autres attendent leur entrée en formation professionnelle.
Et enfin, 10 enfants non scolarisés qui participent aux activités. Soit 120 bénéficiaires.

La rentrée est pour l’équipe une période de travail intense : rencontres avec les enfants et les parents, identification des nouveaux bénéficiaires, partenariat avec les écoles, achats des fournitures et cartables, réunions avec les parents …

Photo de droite : Acheter et distribuer fournitures et cartables pour 105 enfants : un long travail
 
12 abandons

Nous avions 101 enfants bénéficiaires durant l’année scolaire passée. 12 enfants arrêtent leur scolarité, 9 volontairement, 3 contraints par leur famille.

Ce nombre important d’abandons nous interpelle. Qu’avons-nous mal fait pour en arriver à cet échec ? L’année scolaire a été amputée à cause du Covid. Beaucoup d’enfants ont travaillé. Difficile de reprendre le chemin de l’école après avoir pu avoir quelques maigres sous dans sa poche pendant plusieurs mois. Nous avons également décidé de ne plus collaborer avec quelques écoles, 3 précisément, en raison de leurs défaillances manifestes.
Nous avons décidé de ne plus scolariser d'enfants dans cette école médiocre, stigmatisant les enfants et violente
Nous avons décidé de ne plus scolariser d'enfants dans cette école médiocre, stigmatisant les enfants et violente
Conflit avec Mahavelona

C’est la seule école du quartier d’Andohagara. Ecole privée, dirigée par le pasteur d’une secte prégnante, d’un niveau scolaire très médiocre, fonctionnant dans un climat de violence verbale et physique.

Nous avons décidé de ne plus collaborer avec cette école. Le directeur, Tovo, le prend très mal, multiplie les menaces sur les enfants et les familles, exerce un chantage scandaleux, mêlant sa fonction de pasteur et celle de directeur de l’école, dans ce quartier antandroy : « En quittant l’école, vous trahissez vos ancêtres ».

La situation est très tendue. Nous avons eu jusqu’à 30 enfants scolarisés à Mahavelona. Cela représente beaucoup d’argent pour l’école. Notre départ fragilise l’emprise de la secte sur le quartier. Les familles ont peur des représailles de Tovo qui refuse de remettre les certificats de scolarité.
Accueil des parents et des enfants

Beaucoup de familles inconnues frappent à notre porte en septembre, dans l’espoir que nous acceptions de scolariser leurs enfants.

Période très difficile pour l’équipe : nos capacités sont limitées et il faut souvent dire non à des familles pourtant totalement démunies.


Nous avons réuni les parents de chaque quartier pour préparer la rentrée. Rappel des règles, du contrat avec l’association : ce que nous faisons, ce que nous attendons des parents.

Nous avons constaté que les familles veulent s’impliquer davantage. A Belinta, un parent ira, à tour de rôle, chercher les enfants à l’école en fin de journée pour les ramener à la maison, afin d’éviter qu’ils trainent dans le quartier (une ado de 13 ans s’est retrouvée enceinte). Même idée à Andohagara où les enfants seront accompagnés chaque jour, durant les premiers mois, sur le chemin de l’école Teen Mission (école où se retrouvent maintenant la majorité des bénéficiaires du quartier). Là, les parents ont peur des actes malveillants de Tovo.
 
Ces rencontres collectives avec les familles sont un moment essentiel
Ces rencontres collectives avec les familles sont un moment essentiel
En signant leur présence à la réunion, les parents sengagent à en respecter les décisions
En signant leur présence à la réunion, les parents sengagent à en respecter les décisions

Nous avons informé les parents que nous serons disponibles les mardis et mercredis matin pour les recevoir au bureau et parler, en toute confidentialité, de leur situation.

Plus que jamais, l’écoute et le dialogue avec les familles et les enfants constituent notre première tâche.

Les bénéficiaires apprécient.

A travers ces réunions collectives, nous essayons aussi de renforcer la solidarité entre les familles et entre les enfants.

Les familles que nous connaissons mieux interviennent facilement, posant des questions, donnant leur avis, faisant des propositions. Les premières années, ces réunions étaient parfois crispées.

Personne ne parlait.

Maintenant, elles se déroulent généralement dans un climat positif, dans une ambiance détendue. 
Deux nouvelles familles bénéficiaires

A Aranta, une maman, seule avec 6 enfants. Famille très pauvre. Le père est décédé. La maman, motivée pour élever ses enfants, gagne un peu d’argent en faisant des lessives. Percluse de rhumatismes articulaires, elle n’y arrive plus. Alors, c’est la misère totale. Nous allons scolariser les 3 enfants les plus jeunes (12, 9 et 7 ans). Les enfants ne disposent pas d’actes de naissance.

A Abattoir, un papa, seul avec 7 enfants à charge. Sa femme est partie avec les deux premiers enfants, plus âgés. Tireur de pousse-pousse, le papa a été victime d’un accident et se trouve amputé d’une jambe. La famille tente de survivre, un enfant fait les poubelles, deux autres ramassent des sacs en plastique, les lavent et les revendent à la porte des magasins. Là aussi, nous allons scolariser les 3 enfants les plus jeunes (11, 8 et 7 ans). Ce sont trois fillettes qui n’ont jamais été scolarisées. Pas d’actes de naissance. Au cours des entretiens, il est apparu que le papa ne connait pas les prénoms de ses filles, seulement un surnom. « Ce sont des filles », nous a-t-il dit, comme si cela justifiait son manque d’intérêt pour elles. 
Aranta, quartier insalubre, misérable, où survivre au quotidien est difficile
Aranta, quartier insalubre, misérable, où survivre au quotidien est difficile
Mariam

C’est une fillette bénéficiaire de Grand Pavois (quartier de Belinta). Elle a ses deux parents. La famille est logée dans une annexe en dur de la propriété dont ils sont les gardiens. Le papa participe activement à tous nos rencontres. Nous apprécions son sérieux et sa disponibilité. La situation, apparemment correcte, est ternie par les décisions du patron qui vient de réduire le salaire à 70 000 ar par mois (17 €) pour nourrir les 12 enfants de la famille. Dans le passé, le patron avait mis un bateau à disposition du papa pour sortir pêcher en mer. Il vient de vendre le bateau …


Fermeture de la carrière d’Andohagara

La commune a décidé de fermer la carrière d’Andohagara qui va être privatisée.

Plus aucun camion ne vient acheter les pierres.

C’est une catastrophe pour plusieurs familles du quartier, particulièrement pour la famille de D’Erick dont c’était la seule source de revenus. Cela renforce la détermination de D’Erick de suivre une formation professionnelle (en mécanique auto) afin de travailler rapidement pour aider sa famille.

Pour cette famille, manger une assiette de riz chaque jour est devenu un défi. Nous avons deux autres enfants bénéficiaires dans la famille, scolarisés à Teen Mission qui dispose d’une cantine, ce qui réjouit la maman : « Au moins, eux peuvent manger les jours d’école, le midi ».
Les maisons des bénéficiaires ici, à Andohagara sont très précaires
Les maisons des bénéficiaires ici, à Andohagara sont très précaires
6 maisons à réparer ou à refaire

La saison des pluies va arriver dans deux mois.
ous avons fait le point sur l’état des maisons des bénéficiaires. Il est urgent d’intervenir sur 6 maisons : 5 dont le satrana (feuilles) qui sert de toit est pourri, donc à remplacer pour qu’il ne pleuve pas à l’intérieur, et 1 à refaire complètement à Aranta.

Nos interventions sont modestes. L'objectif est que les enfants dorment au sec et d'éviter l'invasion des rats dans les maisons. 
Pouvoir donner à manger à ses enfants est la préoccupation principale des mamans
Pouvoir donner à manger à ses enfants est la préoccupation principale des mamans
 
 



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