Partenariat Scolarisation Majunga

              septembre 2020


La période des examens

6 bénéficiaires sur 7 ont obtenu le certificat d’études. Pour le BEPC, ce sont 6 reçus sur 10 présentés. Rappelons qu’à Madagascar, les examens sont assez sélectifs.

Le nombre d’enfants reçus nous réjouit et montre la forte motivation des enfants. Les épreuves du Bac débutent le 27 octobre. Pour la première fois, une jeune bénéficiaire, Erline, se présente.

Les vacances seront courtes pour les bénéficiaires qui ont passé un examen (les épreuves ont eu lieu en septembre). La rentrée à Madagascar a lieu en octobre (début octobre pour le privé, le 27 octobre pour le public)
Préparation de la rentrée

En septembre, nous avons effectué un entretien individuel avec chaque famille, en présence des enfants et des parents. Nous constatons que, le plus souvent, les parents ne s’intéressent pas beaucoup à la scolarité de leurs enfants, préoccupés par la survie de la famille dans ce contexte de crise liée à la Covid19. Les familles qui ont rencontré les enseignants ont été déçues de l’accueil de ces derniers : les instituteurs ne communiquent pas, ne disent rien, comme s’ils ne connaissaient pas leurs propres élèves.

On peut distinguer 3 groupes de bénéficiaires. 1, ceux qui sont très bons à l’école et qui se plaignent parfois de devoir trop travailler à la maison pour aider la famille. 2, les enfants qui rencontrent des problèmes à l’école à cause de la violence des enseignants : coups, humiliations, extrême sévérité. Les élèves sont fréquemment exclus de la classe. Réalité à Andohagara, mais aussi à Aranta, à Abattoir. 3, les plus grands, les garçons cherchant une copine, certaines filles se prostituant. 
La grande pauvreté

Le Covid semble s’éloigner, mais l’activité habituelle n’a pas repris. Les familles faisant du petit commerce informel n’ont plus de fonds pour racheter les produits. Les femmes qui lavent du linge ne trouvent plus de travail : les clients habituels n’ont plus d’argent. Auparavant, les vendeuses de poisson payaient les pêcheurs le soir après avoir vendu ; cela n’est plus possible.

Bref, tout demeure bloqué. Septembre a été encore plus difficile que les mois précédents. Et la rentrée scolaire approche.

Beaucoup de familles bénéficiaires prenaient en charge une partie des frais, selon un contrat les impliquant. Cette année, cela ne sera pas possible. 
Manger chaque jour est devenu un défi pour les familles bénéficiaires
Manger chaque jour est devenu un défi pour les familles bénéficiaires

Fonds de commerce

13 familles vivaient du commerce informel selon des projets financés par l’association.

En accord avec Solidarité Enfants du Monde, nous allons reconstituer leur fonds en ce mois d’octobre afin qu’elles puissent reprendre leur activité. 
Mahavelona

10 enfants d’Andohagara veulent quitter l’école Mahavelona (niveau très faible et surtout beaucoup de violences). Nous poursuivons les discussions avec les parents qui sont souvent réticents, se trouvant sous l’emprise du directeur qui est aussi le pasteur de la secte du quartier.

C’est délicat. Beaucoup de familles vont cependant suivre le désir des enfants. Les parents disent : « De toutes façons, ce n’est pas nous qui payons ». 
Valérie arrête

C’est une fillette de 12 ans qui habite Aranta.

Avec l’accord et probablement sous pression de sa mère, elle a décidé d’arrêter l’école. Elle était en CE2. C’est la misère totale à la maison.

Valérie va essayer de ramener un peu d’argent à la maison. Il y a aussi un homme qui la veut et qui donne déjà un peu d’argent à sa mère …


ci contre : Valérie et son petit frère fouillant les ordures à Aranta pour récupérer des semelles de sandales
Le courage de Faustine

Faustine est une adolescente de 16 ans d’Aranta qui vient d’échouer à son BEPC. Elle a paniqué le jour de l'examen et perdu ses moyens.

Intelligente, sérieuse, très bonne à l’école, elle veut devenir une sage-femme. Sa mère est décédée. La famille est très pauvre. L’association a construit une petite maison pour le père et les enfants.

Son père et sa grande sœur voulaient la marier. Elle a refusé, se fâchant avec sa famille. Mais elle tient bon.

Courage, Faustine !
Aranta est le quartier le plus pauvre et aussi le plus dangereux de Majunga
Aranta est le quartier le plus pauvre et aussi le plus dangereux de Majunga
40 personnes survivent dans cette cour, en plein centre-ville
40 personnes survivent dans cette cour, en plein centre-ville
Tinah veut réussir et se prostitue

Tinah (prénom d’emprunt) est une adolescente de 17 ans, d’Abattoir, orpheline de père et de mère. 4 familles très pauvres, soit 40 personnes, vivent dans le chantier d’une grande maison, sous de vieilles moustiquaires, dans la misère totale.

Tinah habite là. Elle se prostitue  régulièrement. Elle n’en est pas fière, mais l’assume assez bien malgré des problèmes gynécologiques.

Tinah avait abandonné l’école. Depuis l’intervention de l’association, elle est assidue et montre une grande capacité d’apprentissages. Elle vient d’obtenir son brevet. Elle veut devenir une infirmière. Elle dit avec sincérité et conviction : « Poursuivre mes études est devenu ma priorité ».

Respect, Tinah
Helloasso

Aide humanitaire d'urgence pour les familles de Majunga face à la Covid-19

Nous venons de lancer un appel sur le site Helloasso pour collecter des fonds afin d’aider les familles à faire face aux conséquences de la Covid. Nous allons donc relancer les projets économiques, renforcer les distributions de riz, aider les familles encore davantage pour la scolarisation de leurs enfants.

Lien : https://www.helloasso.com/associations/partenariat-scolarisation-majunga/collectes/aide-humanitaire-d-urgence-pour-les-familles-de-majunga-face-a-la-covid-19?fbclid=IwAR1iiAEt4srCLMtYCAgc2e0xELUY9Rxw5cX2dTmQqW9C8ktKN2eFYk4-jrw

 
 
 



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