Septembre 2016

Apres un mois de congés, l’équipe de PSM Majunga a repris le travail le 1er septembre. Nous avons passé la première semaine à visiter les 40 familles bénéficiaires : avoir des nouvelles, parler aux enfants bénéficiaires, commencer à préparer la rentrée scolaire d’octobre.
Ce mois de septembre a été difficile : nous avons été confrontés à plusieurs problèmes. 
Le petit Jean Paul s'en est allé
Le petit Jean Paul s'en est allé
                                Décès du petit Jean Paul
 
Le petit Jean Paul est décédé à l’âge de 8 mois. Il avait des problèmes respiratoires depuis ses 3 mois. Nous l’avions amené à plusieurs reprises voir un médecin, mais la famille n’a pas voulu suivre le traitement prescrit. Elle a amené le petit chez une guérisseuse qui a exigé de ne pas mêler les deux types de soins. Le 6 septembre, la famille a finalement décidé de présenter à nouveau le petit à un médecin. Nous les avons attendus au dispensaire. Lorsqu’ils sont arrivés vers 15 h 30, l’enfant était déjà froid.
La mère s’en trouve, évidemment, extrêmement fragilisée. Elle ne s’alimente plus, pleure beaucoup, est colérique et culpabilise de ne pas avoir suivi les prescriptions des médecins. 
                                                   Katalina et Julie
 
Deux de nos grandes filles ont compromis leur parcours de scolarité ce mois de septembre.

Julie, 15 ans, est tombée enceinte. Son amoureux s’est enfui vers le sud de Madagascar après avoir été menacé par le beau-père de Julie qui a exigé 800 000 ariary et 3 zébus, sous peine de porter plainte pour détournement de mineure.

 Katalina, 14 ans, a fugué pour la nième fois, ne supportant plus les coups très violents de sa maman, ni ses insultes. Elle a trouvé refuge chez un homme. Ayant peur d’être accusé de détournement de mineure, l’homme a proposé de se marier traditionnellement avec Katalina. La maman a accepté et demandé 1 000 000 ariary, somme ramenée à 600 000 ariary après négociation. L’argent doit être versé en décembre. D’ici là, Katalina reste chez sa mère qui nous a promis de cesser les coups et les insultes. Nous avons 3 mois pour aider Katalina à réfléchir à son avenir.
Durant les vacances les plus grands des enfants ont tous travaillé Les petits sont restés livrés à eux-mêmes
Durant les vacances les plus grands des enfants ont tous travaillé Les petits sont restés livrés à eux-mêmes
Odilon
 
Il survient cependant parfois des événements qui donnent un sens très concret à notre action. Odilon, 8 ans, est un enfant bénéficiaire d’Aranta. Il a fait une très forte fièvre avec diarrhée aigüe. Nous avons accompagné Odilon et sa maman chez le médecin. Résultat des analyses pratiquées : fièvre typhoïde à un stade très dangereux. Nous avons dépensé 52 000 ariary (15 €). Sa maman nous a dit : « J’ai déjà perdu mon mari et un de mes enfants. Je n’aurais pas pu trouver cet argent pour soigner Odilon. Vous lui avez sauvé la vie ». 
Tous les enfants ont hâte de retrouver lécole
Tous les enfants ont hâte de retrouver lécole
Identification des nouveaux bénéficiaires
 
Comme chaque mois de septembre, nous avons procédé à l’identification de nouveaux bénéficiaires. Nous avons reçu 47 demandes officielles, via les directeurs d’écoles, les fokontany ou les chefs secteurs (autorités des quartiers). Plusieurs familles nous ont attendus au bord de la route, certaines pendant plusieurs jours.

L’école coûte de plus en plus cher pour les familles malgaches. L’Etat ne participe plus aux frais de fonctionnement des écoles publiques et les prix ont augmenté très sensiblement : 20 % à 50 % pour les droits d’inscription, 25 % pour les cartables, …
 
A fin septembre, nous avons 78 enfants bénéficiaires, 41 filles et 37 garçons. 24 enfants d’Aranta, 37 d’Andohagara, 14 de Belinta et 5 d’Abattoir. Nous aurons très probablement 5 autres bénéficiaires début octobre : 3 enfants d’Abattoir et 2 enfants handicapés suivis par Majhandi. 
 Activités génératrices de revenus (Solidarité Enfants du Monde)
 
Nous avons de bonnes nouvelles des familles bénéficiaires de ce type de projets.
En juillet, nous avions aidé 4 familles à lancer de petits commerces : légumes, riz, poissons. L’activité de 3 de ces familles est très positive. Elles arrivent maintenant à diversifier leurs produits, ramènent chaque soir de quoi nourrir leurs enfants.

Ainsi cette femme d’Aranta que nous appelons « Maman de Solo ». Elle se trouvait totalement démunie après la maladie des derniers de ses 9 enfants qu’elle élève seule. Nous lui avons donné 50 000 ariary (14 euros). Elle va chaque matin acheter du poisson et le vend en ville. Elle a un bénéfice quotidien de près de 10 000 ariary. Elle nous a dit : « Maintenant, je peux acheter du lait et des légumes pour mes enfants, des tomates et des oignons à mettre avec les herbes qui accompagnent le riz. Je peux aussi payer l’école pour 2 de mes enfants. » Nous avons fait les comptes : « nos » 50 000 ariary (14 €) lui ont apporté en 3 mois plus de 600 000 ariary (160 €) de ressources.
 
 Une autre maman a reçu 4 poules et un coq Ce poulailler très modeste doit lui donner un revenu de 45 000 ariary soit 14 euros par mois par la vente des oeufs
Une autre maman a reçu 4 poules et un coq Ce poulailler très modeste doit lui donner un revenu de 45 000 ariary soit 14 euros par mois par la vente des oeufs
Jeu libre des enfants dAranta lors de la première animation de la rentrée en septembre
Jeu libre des enfants dAranta lors de la première animation de la rentrée en septembre
Parmi les nouveaux bénéficiaires
 
Une femme seule avec 6 enfants à charge,  âgés de 2 à 12 ans dont. Aucun d’entre eux n’a jamais été scolarisé. Ils n’ont pas d’acte de naissance. Les enfants ramassent des vieilles sandales dans les bacs à ordures de la ville de Majunga. Leur mère découpe des bouts de plastique et les vend aux pêcheurs d’Aranta qui les intègrent comme bouchons pour les filets. Elle fait survivre ses enfants avec cet argent. Elle a 4 enfants en âge d’aller à l’école, mais elle veut que l’aînée de 12 ans reste à la maison pour l’aider dans son activité : « J’ai besoin d’elle pour que nous puissions manger quelque chose ».

Un vieux monsieur, seul, avec 19 personnes à charge (dont 15  enfants et petit enfants). 4 de ses enfants ont été scolarisés l’année dernière, mais 2 ont abandonné pendant le deuxième trimestre et les 2 autres  ont reçu des avertissements pour retard et absentéisme. L’école accueille les élèves à mi-temps, soit le matin, soit l’après-midi.

L’un des garçons nous a expliqué : « Pour aller à l’école l’après-midi, je dois attendre que mon frère rentre pour me donner ses vêtements ».

 



 
 
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