Partenariat Scolarisation Majunga

                 octobre 2018

Visites à domicile
 
Les enfants ne sont pas allés à l’école depuis 6 mois (pour les écoles publiques) : 3 mois de grève des enseignants, 3 mois de vacances. Ils ont tous travaillé : vente de légumes, portage de l’eau, pêche, lessives, casse des pierres à la carrière …  Les parents ont pris l’habitude d’avoir un peu plus d’argent. La perspective de la reprise de l’école les emplit de doutes : est-ce que ça vaut la peine de poursuivre l’école ou ne vaut-il pas mieux que les enfants continuent d’aider la famille en travaillant ?

Exemple : Rico est un enfant de 13 ans qui travaille comme porteur d’eau. Il accompagne aussi les bateaux de pêcheurs à Aranta, depuis le mois d’avril. ll ramène entre 500 à 2 000 ariary  par jour à la maison (rappel : 1 € = 4 000 ariary). 500 ariary lorsqu’il porte de l’eau, 2 000 ariary lorsqu’il sort en mer avec les pêcheurs. La maman qui a 8 enfants à sa charge veut que Rico abandonne l’école. .

Nous avons rencontré ce problème dans 5 familles. Pour d’autres, ce sont les enfants qui ont pris l’habitude et le plaisir de disposer d’un peu d’argent (200 à 300 ariary) et qui regrettent de devoir arrêter de travailler.
Cela nous a pris deux semaines pour pouvoir résoudre partiellement les situations de ces enfants. Bien entendu, le suivi des familles concernées se poursuivra très régulièrement dans les mois à venir.
A Andohagara, les enfants travaillent à la carrière pendant les vacances
A Andohagara, les enfants travaillent à la carrière pendant les vacances


Rencontre avec des parents 


Après les visites à domicile, nous avons aussi invité chaque parent à venir nous rencontrer au bureau, lieu adapté à des échanges plus confidentiels (sans la présence d’autres enfants, des voisins, …).

Notre objectif était d’aider les parents à apprécier les efforts de leurs enfants, de valoriser ces derniers à travers une petite analyse de l’année scolaire dernière et de leur comportement à la maison.

Amener les parents à avoir une image positive de leurs enfants est essentiel.  
Séraphin et Martine

Ce mois d’octobre, nous avons constaté avec plaisir que Martine, enfant polyhandicapée, a beaucoup progressé. Sarah, la kiné d’Aina Vao, fait un travail formidable. Martine est plus réceptive, elle communique davantage avec son entourage. Ses articulations sont plus flexibles. Sarah passe la voir chaque semaine. Une voisine, maman d’enfants bénéficiaires, fait les exercices de kiné 3 fois par semaine. Martine vit avec sa grand-mère dont la santé se dégrade petit à petit et qui n’arrive plus à la déplacer, ni à la porter. Nous essayons d’impliquer la famille, mais cette dernière considère Martine comme maudite. C’est difficile.
Sur la photo de droite, Sarah prépare des attelles pour les pieds de Séraphin, les  moulages ont été faits ces deux dernières semaines. Nous allons mettre les attelles en place vers la mi-novembre.
Sarah et Séraphin
Sarah et Séraphin
Préparation difficile de la rentrée

La préparation de la rentrée s’avère un peu compliquée et retardée  pendant ce mois d’octobre. Les bureaux des écoles publiques restent fermés. Impossible de faire les inscriptions. Aucun affichage des fournitures demandées …
Même situation pour les écoles catholiques de Majunga qui ont accueilli une réplique locale des JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse) et n’ont pas du tout préparé la prochaine rentrée scolaire.

Les écoles privées ouvrent le 5 novembre ; les écoles catholiques le 12 et les écoles publiques le 19. L’année scolaire est prévue durer jusqu’à fin août 2019. Mais, traditionnellement, les enseignants ne travaillent quasiment plus après la fête nationale du 26 juin, sauf pour les examens.
Une question est sur toutes les lèvres : la grève des enseignants va-t-elle reprendre ? Réponse dans les semaines qui viennent.
Formation professionnelle 

5 jeunes bénéficiaires sont dans une démarche de formation professionnelle.  2 ont déjà commencé ce mois d’octobre : Sandra pour une formation en coupe et couture, Tsahina pour le permis de conduire (projet de louer un Bajaj – tricycles motorisés qui ont envahi les rues de Majunga).

Pour les 3 autres, nous sommes prudents, le choix des filières n’étant pas bien défini, les motivations restant à préciser.

Soulignons que la grande majorité des collégiens bénéficiaires (31 pour l'année scolaire 2018-2019) souhaite poursuivre leurs études. Et, dans l'ensemble, leurs résultats sont très corrects, parfois excellents. 

L'association s'engage à les accompagner le plus loin possible, y compris, éventuellement, dans des études supérieures.
Conduire un Bajaj, le rêve de beaucoup de jeunes
Conduire un Bajaj, le rêve de beaucoup de jeunes
Etat  prévu des bénéficiaires pour la rentrée
 
89 enfants scolarisés (23 d’Aranta, 37 d’Andohagara, 20 de Belinta, 9 d’Abattoir).
2 enfants handicapés de Majhandi (nous payons la scolarité, Majhandi effectue le suivi).
2 enfants handicapés non scolarisés.
5 jeunes en formation professionnelle.
4 « anciens » pour lesquels nous restons disponibles.
Soit un total de 102 enfants suivis.
 
 



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