Partenariat Scolarisation Majunga

                    mars 2020

Coronavirus

Cette lettre est consacrée à l’arrivée des premiers cas positifs de coronavirus à Madagascar, à partir du 19 mars. 

Confinement ?

Le 21 mars, le gouvernement a décrété l’état d’urgence, puis la fermeture des écoles, l’arrêt des vols internationaux, le confinement de la population, l’interdiction des rassemblements, la restriction des déplacements, … avec des modalités diverses et changeantes selon les régions.

Concrètement, le confinement est impossible à appliquer en dehors des quartiers européanisés des grandes villes. Les consignes, mal appliquées, se contredisent d’un jour à l’autre, dans une certaine pagaille.

Les rues de Majunga se sont à peu près vidées
 (ci-contre, devant l’hôtel de ville).
 
Peu de cas ?

Officiellement, à ce jour (9 avril), 93 cas positifs, aucun décès, 11 guéris. Pas de cas à Majunga.  La communication est verrouillée par la présidence. Trois interprétations possibles : 1 – c’est exact. 2 – le chiffre est volontairement minoré (pour éviter une réaction de panique ?). 3 – les autorités sont sincères mais elles ignorent la réalité. Il faut souligner que l’information à Madagascar est le plus souvent peu crédible et  les médias médiocres, les relais défaillants. 
Le discours surréaliste du président

Dans son intervention télévisée du 8 avril, le président malgache a déclaré détenir le médicament (à base de plantes) susceptible de sauver le monde du coronavirus.

Il a également instauré l’obligation d’équiper toutes les familles d’une carte magnétique d’identification et de suivi, en lien avec les fokontany (autorité du quartier) qui seront équipés d’ordinateurs connectés … 


Le président Rajoelina intervient souvent à la télévision
depuis le début de la crise.

 


Le ressenti des familles

Les familles bénéficiaires ont souvent des opinions bien affirmées :

« C’est une maladie des étrangers, nous sommes plus résistants, cela ne nous concerne pas » ;

« C’est comme le choléra ou la peste, nous sommes habitués, c’est la volonté de Dieu, si on doit mourir, nous allons mourir » ;

« C’est de la politique pour capter des financements étrangers » ; 

« La violence et les agressions vont exploser car les gens n’auront plus aucune ressource pour manger ».
Nos décisions

Nous avons suspendu toutes nos activités collectives (animations, soutien scolaire, activités de groupe), demandé à l’équipe de limiter ses déplacements au strict minimum et de se protéger, maintenu la distribution du riz et l’accès gratuit aux services de santé. Nous avons commencé à fabriquer des masques qui sont distribués aux enfants et aux mamans qui doivent se déplacer pour pouvoir manger. Nous apposons des affiches de prévention (gestes barrière). Nous collaborons avec Pharmaciens Sans Frontières Suisse.

La situation dans les quartiers


A Andohagara, les garçons cassent des pierres à la carrière, les filles vont vendre des légumes au marché. Pour l’instant, en dehors de la fermeture des écoles, la situation est à peu près « normale ».


A Aranta, nous sommes confrontés à une augmentation nette de la prostitution des adolescentes, souvent à la demande des mamans. Problème très difficile à affronter, malgré nos actions de prévention. Certains garçons travaillent (pêche) ou partent en brousse.


A Belinta, du fait de la fermeture de la plage et des gargotes, les familles bénéficiaires se retrouvent totalement sans ressources. Nous allons donner 20 kilos de riz à chaque famille en début de semaine prochaine. 
Découpe du tissu dans notre local pour préparer les masques.
Découpe du tissu dans notre local pour préparer les masques.
Soutien scolaire à distance

Nous donnons chaque semaine deux sujets type de devoirs aux jeunes collégiens et lycéens, remise suivie ensuite du corrigé. Cela leur permet de rester motivés par la scolarité. Et, ainsi, nous pouvons les rencontrer.

Les jeunes d’Andohagara nous remettent leurs devoirs quand ils viennent travailler au marché.

Mais nous sommes démunis pour les plus jeunes.




Ci-contre, affiche de sensibilisation
aux gestes barrière
apposée dans les quartiers par l’équipe
 
 



Créer un site
Créer un site