Partenariat Scolarisation Majunga

                    juin 2020

Le virus se propage

Cette lettre est encore principalement consacrée à la crise sanitaire et à ses conséquences pour les familles et les enfants. Majunga est maintenant touchée par le coronavirus. Les chiffres officiels, très bas, ne reflètent pas du tout la réalité. Le virus se propage.

Beaucoup de personnes ne veulent pas consulter un médecin, car, si le test est positif, les gens sont placés en quarantaine sans rien à manger.

Le pic de l’épidémie est espéré par les autorités sanitaires pour fin août. La ville de Majunga sera probablement en confinement strict dans les prochains jours.
 
Scène de rue près de Mahabibo,
le principal marché de Majunga
Confinement et gestes barrière

Le confinement est impossible dans les quartiers. Pour deux raisons : l’habitat précaire avec une grande promiscuité entre les familles, le besoin impérieux de sortir travailler pour espérer manger le soir. Nous concentrons notre intervention sur les masques (nous allons en refaire 400 dans les prochains jours) et la sensibilisation au lavage des mains, à la distance physique, à l’hygiène. 

La peur et la faim

Les familles ont de plus en plus peur maintenant. Les personnes âgées se savent plus vulnérables. Ce sont les jeunes et les enfants qui sortent travailler, avec très peu de résultat.

Il n’y a plus aucune ressource, sauf pour les vendeuses de charbon. Ainsi, pour le poisson, il est devenu impossible d’en prendre le matin, le vendre dans la journée et le payer le soir. Les plages sont fermées (plus de location de parasols, plus de vente de vannerie, …). Toutes les petites activités informelles sont à l’arrêt.

Nous allons poursuivre, bien évidemment, la distribution mensuelle du riz. 
Les plages sont fermées
Les plages sont fermées
Pratiques policières et prostitution

Le port du masque est désormais obligatoire. Lorsque les gens sortent sans avoir de masque, il arrive que les policiers de Majunga embarquent les personnes concernées et les relâchent à la sortie de la ville après les avoir délestés de leur téléphone et de leur argent.  De plus en plus de jeunes filles se prostituent, y compris parmi nos bénéficiaires. L’une d’elles, âgée de 16 ans, est enceinte. 
Soutien scolaire

Les enfants bénéficiaires viennent très régulièrement participer à nos séances de soutien scolaire. Les collégiens, mais aussi les élèves du primaire. Nous sommes surpris de leur assiduité et de leurs efforts. On travaille, dans un climat bienveillant et respectueux. Les écoles publiques sont toujours à peu près fermées. Les élèves doivent venir chercher des devoirs à faire à la maison. Ce sont ces devoirs, notés, qui serviront de critère pour le passage en classe supérieure. Mais les écoles manquent de papier. Alors, les élèves doivent recopier les devoirs écrits par les professeurs au tableau. Les examens scolaires (CEPE, Brevet et Bac) sont reportés en septembre et octobre. 

Les écoles publiques sont à la dérive
durant la crise sanitaire.
 
Opération de Houssen

C’est un enfant bénéficiaire de 8 ans qui habite Aranta. Il a été opéré d’une très sérieuse hernie. La maman, qui a su le coût de l’intervention, a eu très peur. Elle a pensé que l’association ne pourrait pas payer la facture (120 €). Elle est très reconnaissante et nous remercie avec beaucoup d’émotion : « Vous avez sauvé la vie de mes enfants ! ». Le grand-frère de Houssen avait eu, lui aussi, besoin d’une opération chirurgicale l’année dernière. 
17 jeunes d’Andohagara

Ils sont tous venus ensemble au domicile de Myriam, un beau matin. « Nous voulons quitter Mahavelona, on ne veut plus être frappés, ni subir des humiliations parce que nos familles sont pauvres et on veut de vrais enseignants ». Pour nous, cette démarche des enfants d’Andohagara est très positive. Mahavelona est cette école dirigée par le pasteur d’une secte qui cherche à garder son emprise sur les familles du quartier. Nous allons faciliter l’inscription des enfants dans d’autres écoles à la prochaine rentrée. Quelques jeunes d’Andohagara ont déjà sauté le pas, osant braver le pasteur qui leur promettait d’échouer. Ces jeunes (Derik, Farida, Ferlin) font maintenant un beau parcours scolaire dans des écoles où ils ne sont pas frappés, avec de vrais professeurs et où ils sont respectés. 
 
Nous espérons convaincre les familles
de quitter l’école Mahavelona

Le travail continue

Nous avons décidé de ne pas interrompre notre travail auprès des enfants et des familles, en mettant l’accent sur les visites à domicile, le soutien scolaire et toutes les questions de santé.

Ce n'est pas le moment de nous éloigner des enfants bénéficiaires ni des familles. 
Les animations sont interrompues. La journée de fin d'année scolaire à la plage est annulée

Myriam, Joseph et Lanto sont invités à se protéger (port du masque, distance physique, lavage des mains, …).  


La distribution du riz est de plus en plus vitale
pour les familles privées de toutes ressources
 
 



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