Partenariat Scolarisation Majunga

            juillet et août 2020


Les familles confrontées au confinement

Les familles bénéficiaires travaillent toutes dans le secteur informel. Elles ont besoin de sortir chaque jour pour gagner de quoi manger.

Le confinement, toujours d’actualité à Majunga même s’il tend à se terminer, a provoqué une forte dégradation de leurs maigres ressources. Il devient vraiment difficile de trouver à manger.

Nous avons renforcé la distribution de riz pour les situations les plus catastrophiques et obtenu de l’huile par Pharmaciens Sans Frontières. 
Conséquences pour les enfants

Une année scolaire largement amputée pour tous. Tous les enfants travaillent. Certains veulent abandonner l’école car ils ont pris l’habitude de travailler pendant la crise. D’autres, par contre, se montrent plus motivés que jamais et veulent revenir en classe: « La vie est vraiment difficile, il faut continuer l’école pour avoir une chance de s’en sortir ». Deux filles d’Aranta ont été chassées par leur grand-mère où elles vivaient : impossible de les nourrir actuellement. 

La tentation de la prostitution

Nous estimons que la moitié des adolescentes bénéficiaires se sont prostituées durant ces derniers mois, soit une vingtaine de filles. Il y a eu quelques avortements clandestins et la transmission de MST.

Face à cette situation alarmante, nous allons renforcer très nettement nos actions de prévention, de protection, d’information sur la sexualité en y intégrant aussi les garçons. Ce sera une priorité pour les mois qui viennent.


Madagascar fait partie des pays les plus touchés
au monde par la prostitution des mineurs
Martine et Séraphin

Les soins de kiné sont interrompus depuis plusieurs mois. L’association partenaire, Aina Vao, a peur de la propagation du virus. Séraphin grandit mais se trouve souvent enfermé durant la journée malgré la bonne volonté de son arrière grand-mère qui s’en occupe désormais avec l’aide d’une voisine. Martine a eu ses premières règles. Elle est élevée par son père qui s’avère bienveillant et attentif. Mais, dans la tradition, un père ne peut plus laver sa fille dès lors où celle-ci est devenue sexuellement une femme. Après négociation, le père accepte de continuer à s’en occuper sauf lors des règles où ce sont des femmes du quartier qui interviennent. 
Fin d’année scolaire et examens

Les enfants sont désormais en vacances pour septembre et octobre. A notre grand étonnement, les bulletins scolaires, actuellement distribués, sont très positifs. Sur les 76 enfants situés dans les classes intermédiaires (sans examen de fin d’année), seuls 2 vont devoir redoubler. Nous ne sommes pas dupes : ce sont des notations de complaisance. 7 enfants bénéficiaires ont passé le certificat d’études le 8 septembre, 10 autres passeront le brevet le 23 et enfin nous avons notre première bachelière éventuelle cette année (examen fin octobre). La rentrée est prévue le 25 octobre pour les écoles publiques, un peu plus tôt pour le privé.

Il est probable que les examens de cette fin d’année scolaire seront plus faciles.

Nous concentrons le soutien scolaire pour les 10 élèves qui vont se présenter au brevet le 23 septembre. Nous les réunissons deux fois par semaine. Ils continuent par ailleurs d’aller au collège jusqu’à la date de l’examen en portant des masques.

Nirina

Nirina est une maman seule d’Andohagara avec 3 enfants, déficiente mentale. Elle vit dans une extrême précarité.

Actuellement, elle souffre de son audition : elle n’entend plus rien. Mais elle refuse de voir un médecin.

Nous sommes inquiets pour la grande fille, Salala, 11 ans, qui erre dans cette partie du quartier où il y a de nombreux bars et beaucoup d’hommes ivres le soir. Certains représentent clairement des dangers d’agression sexuelle.

 
La très dure condition des enfants
dans le quartier d’Andohagara
D’Erik

D’Erik est un garçon de 18 ans d’Andohagara qui va entrer en terminale. Un garçon doué et courageux.

Il vient d’avoir un bébé avec une fille de 16 ans qui habite le quartier. Sa propre mère, femme seule, vient aussi d’accoucher une énième fois.

D’Erik, sa compagne et le bébé vivent chez la mère. Nous avions construit cette maison il y a quelques années. Maintenant, ce sont 14 personnes qui habitent et dorment dans la seule pièce de 4mx4m. D’Erik veut continuer ses études.
Actuellement, il est le seul à ramener un peu d’argent à la maison. Il travaille à la carrière et cultive des concombres et du manioc.


Les enfants cassent des gros cailloux à la carrière.
Mais, à cause du confinement,
très peu de camions viennent chercher les pierres
 
 



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