Juillet 2017

Ces nouvelles de juillet ont été rédigées par Gildas, Nathan et Fanny, les trois volontaires étudiants de Nantes. Un grand merci à eux !


La sécheresse se fait plus vie que d’ordinaire en cette période de l’année à Majunga, du fait de la faible pluviométrie durant la dernière saison des pluies. C’est le quartier d’Andohagara qui est le plus touché.


En cette fin d'année scolaire, les bulletins ont été remis aux enfants, en tout cas à ceux dont les familles ont pu payer à temps les droits d'écolage. 
La remise des bulletins moment attendu par toutes les familles fait l'objet d'une petite cérémonie à Andohagara
La remise des bulletins moment attendu par toutes les familles fait l'objet d'une petite cérémonie à Andohagara
Vacances à Petite plage

C'est le début de la haute saison touristique à Majunga, vazahas et touristes malgaches, essentiellement venus de Tana, affluent en nombre.

Le projet économique développé par l'association porte ses fruits : la location de parasols sur la plage rapporte entre 5 000 et 10 000 Ar/jour aux familles de Linda et d'Eline. 
Directrice incompétente  

Dada et Juliana, deux enfants bénéficiaires du quartier, se sont fait exclure de l'école publique de Belinta pour cause de "mauvais comportement".

Certes un peu turbulents, le comportement des deux enfants reflète la dureté de leur réalité sociale et économique. Or, en plus de fermer l'école avec un mois d'avance pour ses vacances personnelles, la directrice semble peu portée sur l'accompagnement des enfants en difficulté. Au contraire, elle les juge et les met rapidement dans des cases, de sorte qu'une issue négative semble inévitable. Elle refuse même de transmettre le bulletin des deux enfants, pourtant bons à l'école, les condamnant à redoubler.

Myriam et Hasina tentent d'inscrire les enfants dans une école voisine afin qu'ils puissent continuer à être scolarisés à la rentrée prochaine.
Médecine vazaha et guérisseur

Julia, bébé de 6 mois, est atteinte de ce qui ressemble à une tumeur, d'après Marie, jeune médecin qui nous accompagne lors des visites chez les familles.

L'épaule droite du bébé et désormais le haut de sa poitrine sont affectées. C'est chez sa voisine qui s'occupe des enfants, que la famille nous accueille. Eva, la grande soeur de 23 ans, tante de Julia, travaille pour la ville et est la seule figure autoritaire de la famille. Elle a toutes les peines du monde à joindre les deux bouts. Il lui est donc financièrement impossible de faire appel à la médecine moderne, seules des analyses ont pu être réalisées, mais les résultats ne seront connus qu'en décembre.

Face à cette situation, et malgré notre proposition de financer les soins, la famille a décidé de consulter un guérisseur qui prescrit un traitement naturel à l'argile blanche et interdit tout médicament pendant un mois. Nous sommes inquiets quant à l'évolution de la situation tant la supposée tumeur semble s'étendre, mais nous ne pouvons aller à l'encontre de la décision de la famille. 
Fête traditionnelle et pénurie de poissons

À Aranta, la pêche est la principale source de revenus pour les familles. Celles qui ne possèdent pas de boutre revendent le poisson des pêcheurs sur le marché.

Or, depuis quelques semaines, des familles bénéficiaires se plaignent de ne plus avoir de poissons à vendre, les plaçant dans une situation d'extrême difficulté économique. Les explications données varient selon les familles.

La fête nationale du 26 juin donnant lieu à des repas améliorés pendant une semaine serait responsable de la pénurie. Autre explication : les personnes "possédées" se lavent dans les eaux bordant le quartier, elles sont considérées comme maudites et portant malheur : davantage de naufrages, moins de poissons.

Les marins prenant moins régulièrement la mer, le poisson se fait plus rare et son prix augmente, déstabilisant l'économie du quartier.
Sous nutrition infantile

Chantal, 13 ans, est maman depuis quelques mois.

Seule la jeune fille et sa mère semblent connaître l'identité du père.

Après avoir été expulsés par leurs parents alcooliques et s'être réfugiés chez leur tante (cf . nouvelles de juin), elle et son petit frère Angelo ont pu réintégrer la famille de manière a priori durable, suite au dialogue entre les parents et Myriam/Hasina.

Cependant, le nourrisson perd du poids depuis sa naissance, de 3.3 kg à moins de 2.7 kg à 3 mois.

L'association prenant en charge les frais médicaux, Chantal va pouvoir consulter un médecin pour la première fois depuis plus de deux mois, le suivi postnatal étant quasi inexistant à Madagascar. 
Andohagara

A Andohagara, l'année scolaire touchant à sa fin et alors que les enseignants délivrent leurs verdicts, le quotidien des enfants est bouleversé par un événement tragique.

Au début du mois nous apprenions le décès soudain d'un élève de l'école.

Il aurait tué un caméléon et en aurait payé le prix de sa vie. A Madagascar, celui qui fait souffrir un caméléon en entraînant la mort subira le même sort. C'est en tout cas la version du directeur de l'école, Mr Tovo, nous en prenions acte lors de notre visite à l'école. Plus qu'un directeur, Mr Tovo est le pasteur et guide spirituel du village. Il fait figure d'autorité auprès d'une population venue du sud où les traditions font loi.

Au final c'est tout un village soudé qui pleure la mort d'un enfant : veillée d'une semaine, école fermée, soutien annulé, travail perturbé et sortie estivale annulée.

Sorties estivales



Nous avons fait les sorties de fin d’année avec les enfants, le sourire aux lèvres.

Entre jeux sur le sable et dans l’eau, ils sortent ravis de cette journée, pour certains leur seul véritable jour de vacances.
 

Par ailleurs, pour les dernières animations dans les quartiers, nous avons proposé une chasse aux trésors aux enfants.

Après de multiples épreuves, ils étaient ravis de déterrer le trésor : un gros paquet de bonbons.
Myriam en train dexpliquer le dauphin-dauphine aux enfants
Myriam en train dexpliquer le dauphin-dauphine aux enfants

L’eau manque aux cultivateurs


La sécheresse se précise à  Ampitilova, en témoigne ces photos du lac et d’un puits, tous deux à  sec.

La famille qui vend des concombres et de la ciboulette a planté ses dernières cultures de la saison et se retrouve sans revenu pour le reste de la saison.



 
 
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