Activité de janvier 2017

Janvier est un mois difficile pour les malgaches. Nous sommes en pleine saison des pluies. Beaucoup de familles vivent au jour le jour. Et les maigres économies ont été épuisées par les fêtes de fin d’année. Dans la tradition malgache, il est essentiel de fêter dignement les événements considérés comme importants : Noël, le nouvel an, Pâques, la Fête nationale, … 
Pour quelques poissons

Sitraka (prénom d’emprunt) est une fillette de 13 ans, habitant Aranta, bénéficiaire de nos activités depuis plus de 3 ans. Elle aime bien aller à l’école, elle grandit, mais c’est encore une enfant. Elle vit dans une famille extrêmement pauvre.

Sa maman l’a donnée en mariage à un vieux pêcheur du quartier contre la promesse de recevoir régulièrement quelques poissons.

Cette décision de la maman pose les limites de notre démarche. Nous avons adopté le principe de ne pas nous substituer aux parents afin de les responsabiliser, donc de ne pas contester les décisions familiales. Mais là, ce n’était pas acceptable.

Nous avons décidé de nous opposer et de tout faire, y compris par la justice, pour protéger Sitraka. Nous avons d’abord saisi les autorités du quartier. Cela a été efficace. La maman a signé un engagement écrit, renonçant à donner sa fille au pêcheur. 
A Aranta les maisons sont construites sur des buttes entourées par la marée boueuse
A Aranta les maisons sont construites sur des buttes entourées par la marée boueuse
Activités

Les enfants ont repris le chemin de l’école le 9 janvier après des vacances (encore) prolongées. Les enfants attendaient avec impatience le moment de l’animation hebdomadaire : ils voulaient tous parler du cadeau que le père Noël de l’association leur avait offert. C’est le seul cadeau qu’ils reçoivent dans l’année.

Toute les activités de l’association ont aussi repris début janvier : soutien scolaire pour les enfants des classes de CM1 et CM2 ; soutien scolaire individuel pour 4 enfants en difficulté (1 d’andohagara et 3 d’Aranta) ; animations (en 4 groupes) ; visites à domicile ; relations avec les écoles et les centres de santé ; …

Nous avons débuté la préparation des dossiers pour les examens du CEPE (Certificat d’Etudes) et du BEPC. Le Ministère de l’éducation a décidé d’avancer la date des examens. L’objectif affiché est de terminer l’année scolaire fin juin pour faire la rentrée début septembre.  
Le prix du riz en forte hausse

Le riz est l’alimentation de base (souvent la seule) des malgaches. Son prix a augmenté de 30 % en un an ! Le sac de 50 kgs se vendait moins de 70 000 ariary en janvier 2016. Ce dernier mois, il est monté à 90 000 ariary. En février et mars, cela va encore probablement grimper.
Les vols et les agressions sont en nette recrudescence dans la ville. La population a faim.
Les familles des enfants bénéficiaires sont venues très tôt le dernier samedi du mois pour prendre les 25 kg de riz. Une maman a dit : « L’association est vraiment l’envoyée de Dieu, parce que nous ne pourrions pas acheter du riz en ce moment où le kapoaka coûte 500 à 600 ariary ! ».

Pendant les visites à domicile, nous avons remarqué que les familles surveillent très étroitement leur sac de riz.
Une autre maman a dit : « Je donne le riz en priorité à mes enfants les plus jeunes ; ceux qui sont plus grands et moi-même nous pouvons manger du manioc et des arachides bouillis parce que nous avons l’estomac plus résistant ». 
ASAMA

Il existe à Madagascar des classes spéciales d’alphabétisation, préparant le Certificat d’Etudes en 2 ans, pour les enfants de plus de 10 ans n’ayant jamais été scolarisés, les classes « ASAMA », selon le nom de la méthode pédagogique adoptée.

Falimaro est un grand garçon de 15 ans, scolarisé très tard. Il était encore en CE. Les autres élèves l’insultaient ; tout le monde se moquait de lui, y compris l’instituteur. Dégoûté, Falimaro n’allait plus à l’école. Nous lui avons proposé d’intégrer une classe ASAMA.

Changement total d’attitude de Falimaro qui a retrouvé le sourire et la confiance en lui : « Plus personne ne se moque de moi ; et je ne suis pas le plus âgé ! ». 
8 stagiaires infirmières à Majunga


Les 8 stagiaires infirmières de l’école de la Croix-Rouge de Brest sont arrivées à Majunga le 31 janvier.

En marge de leurs stages dans les établissements de soins, elles participeront avec nous aux animations dans les quartiers ainsi qu’aux visites à domicile.

Elles ont apporté 180 kilos de vêtements, jouets, fournitures, … provenant notamment de la générosité des donateurs, des écoles de Pencran et de Lanrivoaré, mais aussi de leur entourage. 



 
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