Partenariat Scolarisation Majunga

             avril et mai 2020

Excuses

Nous n’avons pas été en mesure de rédiger une lettre d’information pour le mois d’avril. Le quasi-blocage du pays en avril à cause de l’épidémie de Coronavirus a rendu la communication difficile. D’autre part, Myriam a contracté la dengue. Elle a été bien malade pendant plusieurs semaines. 

Dengue et Coronavirus

Les premiers cas de coronavirus sont officiellement constatés à Majunga. La ville est confinée.

La dengue sévit aussi à Majunga. 5 enfants bénéficiaires en ont été malades. Nous avons organisé des réunions avec les parents, effectué des sensibilisations dans les quartiers, à partir de supports écrits fournis par le dispensaire Aina-Vao. Nous avons acheté et distribué des moustiquaires (2 moustiquaires par famille).

Les familles ont été réceptives aux messages concernant la dengue. La prévention semble efficace. Les moustiquaires sont utilisées. 

 
Ci-contre, Joseph et Lanto animant
une séance de prévention de la dengue
à l’occasion de la distribution de moustiquaires.
Sensibilisation difficile au Coronavirus

La prévention du coronavirus est plus difficile. Beaucoup de familles n’y croient pas. Officiellement, il n’y avait aucun cas à Majunga avant début juin. Il est difficile de respecter le confinement (toujours partiel) et les gestes barrières lorsqu’on n’a rien à manger, qu’il faut sortir (vendre des légumes, du poisson, …) pour espérer avoir un peu de riz à manger le soir. Les masques que nous avons distribués sont utilisés dès que les enfants ou les mamans sortent de leur quartier.

L’épidémie de coronavirus semble contenue à Madagascar. 1026 cas testés positifs, 8 morts, chiffres officiels au 6 juin. La plus grande prudence s’impose cependant concernant ces chiffres
Situation critique dans les quartiers

Les quelques activités de subsistance pour nos familles sont à l’arrêt.

La carrière d’Andohagara ne fonctionne plus, aucun camion ne venant chercher les pierres.

L’absence de touristes a fait chuter le prix du poisson.

La police confisque les paniers des vendeurs ambulants, considérés comme facteurs de possible contamination du virus.

Les plages sont fermées.
La faim va tuer davantage de personnes
à Madagascar que le coronavirus.
La ministre limogée pour des bonbons

Les autorités malgaches prônent la consommation d’une tisane, baptisée Covid Organic, à base de plantes endémiques, sensée prévenir et guérir du Coronavirus. La plante principale contenue dans la tisane, l’artémise, a fait ses preuves comme remède traditionnel contre le paludisme. Néanmoins, rien ne prouve son efficacité contre le coronavirus.

La tisane est distribuée dans toutes les écoles du pays. La ministre de l’éducation a estimé que le produit avait un goût amer. Elle a voulu commander des bonbons pour tous les élèves du pays, pour un montant de plus d’un million d’euros. Elle a été sèchement limogée. 

Andry Rajoelina, président :
« Madagascar va sauver le monde du coronavirus ».

 
Soutien scolaire

Lanto et Joseph, nos deux animateurs, concentrent leur activité sur le soutien scolaire, les écoles demeurant partiellement fermées (dans le public, seules les classes d’examens (CM2, 3ème, terminale) fonctionnent). Nous organisons 4 séances de soutien scolaire par semaine. Les bénéficiaires sont de plus en plus nombreux à s’y présenter. Ils apprécient le sérieux du travail effectué, mais aussi la pédagogie bienveillante valorisant les efforts de chacun et l’ambiance détendue.
Mahavelona en question

Andohagara est le quartier où nous avons le plus grand nombre de bénéficiaires (41). L’école privée Mahavelona a une situation de monopole dans le quartier. Nous avons une relation tendue avec cet établissement où la majorité des enseignants frappent les enfants et les insultent. Nous avons dénoncé ces pratiques et incité les parents à scolariser leurs enfants ailleurs, malgré la difficulté du déplacement quotidien. Certains ont accepté. Autour de la crise du coronavirus et du soutien scolaire intensifié, il se produit un phénomène nouveau : les bénéficiaires d’Andohagara peuvent comparer facilement leurs programmes et aussi relativiser leurs niveaux d’apprentissages. Il apparait nettement que l’école Mahavelona est non seulement violente, mais qu’elle a aussi un niveau d’enseignement très faible. Les enfants, dont beaucoup sont très motivés par leurs études, sont de plus en plus nombreux à vouloir changer d’école. 
Mahavelona, un partenaire obligé qui savère de plus en plus défaillant.
Mahavelona, un partenaire obligé qui savère de plus en plus défaillant.
Lutter contre l’abandon scolaire

La période critique actuelle est propice à l’abandon scolaire. Beaucoup d’enfants bénéficiaires travaillent durant la fermeture des écoles. Ayant pris l’habitude d’avoir un peu d’argent (très peu, mais c’est déjà quelques sous …), il nous sera difficile de convaincre certains de reprendre le chemin de l’école. Difficulté renforcée par les incohérences et les carences du système scolaire malgache.
 
 



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