Partenariat Scolarisation Majunga

                                                              Avril 2018

Le prix du riz en baisse

Le prix du riz continue de baisser. En avril, nous avons payé le riz donné aux familles 67 000 ariary (18 €) le sac de 50 kg. Ce prix était de 98 000 ariary en novembre et décembre dernier.

Le gouvernement a décidé d’importer massivement du riz du Pakistan, d’Inde et de Chine. Le riz malgache (notre choix) a dû s’aligner.
Nous sommes en année électorale (présidentielles et législatives en novembre prochain). Ceci explique cela …

Aide alimentaire aux familles

Nous donnons 20 kilos de riz par mois et par famille. Cela est justifié par l'extrême pauvreté de nos bénéficiaires. Néanmoins, cela peut apparaitre comme une assistance et cela peut être vécu par les familles, au fil des mois qui passent, comme un dû. 
Nous répondons à cette ambiguïté par une baisse du volume distribué (nous sommes passés de 25 à 20 kgs, cette baisse va se poursuivre) et surtout par un appui aux projets économiques des familles, visant à améliorer leur vie quotidienne.
Le riz est l'aliment de base à Madagascar
Le riz est l'aliment de base à Madagascar
Ando, 15 ans, victime de violence, ne trouve plus sa place dans lécole primaire.
Ando, 15 ans, victime de violence, ne trouve plus sa place dans lécole primaire.
Toujours la violence faite aux enfants …

Ando est une adolescente de 15 ans, avec un retard scolaire (elle est encore en CM2). Le directeur de son école l’a frappé violemment pour une histoire de ménage dans la cour. Ando ne voulait pas le faire ce jour-là : elle l’avait déjà fait le lundi précédent.

Ando a été renvoyée de l’école. Son papa voulait porter plainte contre le directeur. Nous avons écouté les uns et les autres et finalement réussi à calmer tout le monde. Ando a repris le chemin de l’école.

Au delà de l’incident, en réalité, Ando ne veut plus aller à l’école. Elle veut faire une formation professionnelle en couture. Nous allons y donner suite et l’accompagner dans cette voie.

Pour nous, la difficulté est de continuer à travailler avec des enseignants violents, dans un contexte où la protection de l'enfance n'existe pas.
La maman d'Eline travaille

Grande alcoolique, après 4 mois d’accompagnement, la maman d’Angeline et d’Eline commence à reprendre sa vie en main.

C’est une femme seule avec 7 enfants à Charge. Elle avait perdu son travail à cause de son alcoolisme. Elle était devenue violente. Elle dépensait le peu d’argent gagné par la location de parasols en alcool.

Le progrès est fragile. Il reste beaucoup à faire. Mais elle s’intéresse à nouveau à ses enfants et confectionne des paniers de vannerie.

Le fléau de l'alcoolisme

L'alcool n'est pas cher à Madagascar. C'est le plus souvent du mauvais rhum, le "toka gasy". Dans un contexte de grande pauvreté, d'absence d'espoir et de perspectives, beaucoup d'adultes boivent trop. Des hommes et des femmes. 
Safiry veut être magistrat

Safiry est un petit garçon de 7 ans. Il est le cadet d’une fratrie de 11 enfants. Il est venu nous voir fièrement avec son cartable en disant qu’il est 3ème de sa classe maintenant et qu’il sait écrire correctement (suivre la ligne, sans descendre au bas de la feuille).

Après cela, il a ajouté qu’il sera 1er à la prochaine distribution de bulletins pour qu’il puisse devenir « mpitsara » (juge) quand il sera grand. Ses frères et sœurs ont rigolé et se sont moqués de lui.

Mais, indifférent aux plaisanteries, il s’est tourné vers sa mère en disant : « Maman, je vais bien étudier à l’école car, si je deviens juge, tu n’auras plus besoin de casser des pierres à la carrière et de travailler aussi dur, car j’aurai assez d’argent pour pouvoir t’aider ».
Velo, fier de savoir écrire son nom
Velo, fier de savoir écrire son nom
Angelo apprend à écrire à son père

C’est avec fierté que Velo, papa de 76 ans, nous a montré que cela faisait un mois qu’il arrivait à écrire son prénom. Il n’a plus besoin de mettre ses empreintes à la place des signatures ou de faire une croix.

Nous lui avons demandé pourquoi il a attendu aussi longtemps pour commencer à écrire. Il a répondu : « Je veux montrer l’exemple à mon fils, Angelo. Il n’est jamais trop tard pour apprendre et je n’aurai plus honte».  

Angelo souriait malicieusement : c’est lui qui apprend à écrire à son père.

L'analphabétisme

Plus de la moitié des parents des enfants bénéficiaires ne sait ni lire, ni écrire.
Nous le constatons simplement lors de la distribution de riz, le dernier samedi de chaque mois. Les bénéficiaires signent un reçu. Ce sont le plus souvent des gribouillis maladroits ou des croix.

Nous devrions proposer aux mamans des cours d'alphabétisation.

Equipement agricole

La maman d’annick a pu récolter 522 kapoaka de cacahuètes décortiquées (graines propres), soit plus de 100 kgs.
Elle garde un grand sac pour les semis de la prochaine saison des pluies. Elle est en train de trouver des acheteurs, compare les offres, négocie, …

Son intention est d’utiliser l’argent obtenu pour acheter une machine à décortiquer les cacahuètes et les noix de cajou, machine de fabrication artisanale, vendue 260 000 ariary (68 €).

Les projets économiques

La moitié des familles a maintenant bénéficié de financements pour améliorer leurs revenus. Ce sont des petits projets réfléchis avec les bénéficiaires, correspondant à leurs compétences, choisis et voulus par eux : maraichage, poules pondeuses, fabrication de paniers et de nattes, petit commerce de poissons, de légumes et de graines, ... Ce sont souvent de très petits financements. Ensuite, nous nous situons en appui et le moins possible en contrôle. Nous acceptons l'échec s'il permet d'en tirer des leçons pour l'avenir, et nous recommençons. 
La maman d'Annick avait d'abord fait le commerce de graines ci-dessus. Elle s'oriente de plus en plus vers les cultures.
La maman d'Annick avait d'abord fait le commerce de graines ci-dessus. Elle s'oriente de plus en plus vers les cultures.
 
 



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